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Rien ne laissait croire qu'il allait passer à l'acte

Michaël Nguyen | Agence QMI

Rien ne laissait croire que Guy Turcotte allait tuer ses enfants dans la semaine précédant le drame, ont expliqué des témoins mercredi au procès de l'ex-cardiologue au palais de justice de Saint-Jérôme.

Écoutez les appels de Guy Turcotte

«Il était comme d'habitude, normal, je n'ai rien remarqué de spécial», a expliqué à la cour une assistante-chef de l'hôpital de Saint-Jérôme, Nathalie Lemelin.

La femme, qui côtoyait Turcotte quotidiennement au travail, savait que l'ex-cardiologue était en instance de séparation avec sa femme, Isabelle Gaston, mais sans plus.

Mais après la mort d'Anne-Sophie et Olivier, en février 2009, elle a réalisé que Turcotte lui avait laissé un message sur son répondeur.

«Merci Nathalie, pour tout, pour ton sourire», lui disait entre autres l'accusé de 43 ans dans ce qui avait tout l'air d'être un message d'adieu.

Turcotte avait pris le temps de remercier plusieurs de ses collègues, et de demander à Mme Lemelin de s'occuper de paperasse administrative pour lui.

«[C'était] une voix mécanique, il m'[avait] déjà laissé des messages avec un timbre de voix plus joyeux», a expliqué la témoin.

Jean Gauthier, chef de service du département de cardiologie de l'hôpital où Turcotte travaillait à l'époque, a affirmé de son côté que l'ex-cardiologue avait fait du bon travail la semaine avant le drame.

Au plus, Turcotte avait un air triste et il était amaigri, a tout de même souligné le médecin, aujourd'hui à la retraite. Lors d'une réunion, Turcotte était plus effacé que d'habitude, s'est aussi souvenu le témoin.

De janvier 2009 jusqu'au drame, [je n'ai jamais entendu quelque propos menaçants ou gestes agressifs contre [Isabelle Gaston] ou leurs enfants», a-t-il ajouté en contre-interrogatoire.

Vers la mi-février, Turcotte avait fait des démarches pour acheter une nouvelle maison. En quelques jours à peine, il avait jeté son dévolu sur l'une d'elle, avec l'aide de l'agent immobilier Martin Nollet.

«Il m'avait dit qu'il vivait une séparation douloureuse et qu'il était en colère contre Isabelle», a témoigné l'agent mercredi. Une inspection de la maison devait avoir lieu le 21 février, soit le lendemain du drame, mais Turcotte ne s'est jamais présenté sur place, puisqu'il avait été arrêté pour avoir poignardé à 46 reprises ses enfants de 3 et 5 ans.

Turcotte avait pris la peine de téléphoner à M. Nollet pour lui annoncer son absence.
«Rien dans son comportement ne laissait prévoir un geste de la sorte», a affirmé M. Nollet à la cour.

Le procès de Guy Turcotte, accusé de double meurtre prémédité, se poursuivra seulement mardi prochain. Le jury a obtenu congé parce que l'un des membres doit assister aux funérailles de sa mère ce mercredi et jeudi. Une jurée a également un rendez-vous médical vendredi pour une blessure à la main qui lui a valu un plâtre.

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