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Manifestation contre le déversement d'eaux usées dans le fleuve

Frédérique Giguère | Agence QMI

Un groupe d'environ 50 manifestants, formé de Québécois et d'Amérindiens, s'est rassemblé vendredi soir devant l'hôtel de ville de Montréal afin de protester contre les huit milliards de litres d'eaux usées qui doivent être déversés dans le fleuve Saint-Laurent. 

L'événement était le fruit d'une alliance entre des membres des Premières nations, principalement issus de la réserve mohawk de Kahnawake, et d'un groupe de jeunes militants québécois.

Souhaitant éviter de perturber la circulation automobile, les participants se sont restreints au terrain bétonné adjacent à l'hôtel et ville et n'ont circulé que très brièvement sur les trottoirs.

Les militants présents ont pu oublier momentanément le froid lorsque de jeunes filles vêtues de costumes typiquement amérindiens ont offert un spectacle de danse. Certains chantaient, d'autres brandissaient des affiches de toutes sortes; l'ambiance était définitivement à la fête.

 

(Photo Agence QMI)

 

Parmi les options alternatives au déversement massif d'eaux usées, la plus populaire auprès des manifestants est sans équivoque celle de la filtration.

«Il y a déjà des toxines qui flottent partout dans le fleuve, a indiqué Karina Okwaho. On aurait pu envoyer cette eau-là dans différents centres de filtration avant de la déverser massivement comme ça.»

«L'idéal c'est d'investir dans de l'infrastructure pour nous permettre de purifier cette eau-là rapidement, a indiqué Lawrence River. On essaie présentement de communiquer avec des scientifiques qui n'ont pas été financés par la Ville afin d'y voir plus clair.»

Plusieurs enfants et adolescents étaient également présents lors du rassemblement afin d'unir leur voix à celle de leurs parents. Ceux-ci semblaient avoir été préalablement sensibilisés à l'enjeu.

«L'eau du fleuve n'est déjà pas buvable, a indiqué Teiakotet Skennoran, une étudiante à la Kahnawake Survival School âgée de 16 ans. C'est déjà presque au point où on ne peut plus se baigner. S'ils en déversent davantage, on ne sera plus capable de l'utiliser pour faire quoi que ce soit. C'est ce à quoi nos enfants vont devoir faire face.»

Au final, la manifestation s'est déroulée dans le calme. La police de Montréal n'a pas eu à intervenir de quelconque façon.