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Ottawa veut des preuves de l'impact sur les poissons

Agence QMI

Ottawa somme maintenant la Ville de Montréal de lui prouver que le déversement de 8 milliards de litres d'eaux usées dans le Saint-Laurent n'aura pas d'impact sur les poissons.

Montréal a jusqu'à lundi pour fournir à Ottawa, en vertu de l'article 37 de la Loi sur les pêches, tous les plans et devis qui démontreront et convaincront le fédéral que ce déversement dans le fleuve Saint-Laurent n'aura pas d'impact, notamment sur les poissons.

Après la sortie du maire Coderre cette semaine, qui a exprimé sa colère face à la demande de suspension d'Ottawa, on apprend maintenant que la Ville de Montréal, le ministère de l'Environnement du Québec, et Environnement Canada ont entrepris des discussions.

Les experts des trois paliers de gouvernement poursuivent l'étude du dossier. Aucun commentaire ne sera émis tant et aussi longtemps que les échanges ne seront pas finalisés.

La seule option possible?

D'autre part, on a entendu de nombreux chercheurs et scientifiques venir dire que le déversement était la seule option possible et que les travaux proposés par la Ville sur l'intercepteur étaient nécessaires en raison de la détérioration de certains éléments de l'intercepteur.

Ce dernier avis a été exprimé par des professeurs de la Polytechnique. Or, ces documents démontrent que la chaire de recherche en eau potable de la Polytechnique a bénéficié depuis une dizaine d'années de plusieurs millions de dollars en aide financière de la Ville.

 

Michèle Prévost, titulaire de la chaire industrielle CRSNG, à Polytechnique (Capture d'écran TVA Nouvelles)

 

-Qu'est-ce que vous répondez justement aux gens qui soulèvent cette question-là sur votre indépendance comme chercheurs?

«Quand on me demande si je suis indépendante, je fais de la recherche appliquée. Je suis fière de la faire avec les partenaires qui utilisent la recherche», a répondu Michèle Prévost, titulaire de la chaire industrielle CRSNG, à Polytechnique.

Le ministre de l'Environnement David Heurtel a aussi réagi. «Là, vous commencez à remettre en question beaucoup de chercheurs. Parce qu'il y a pas juste Polytechnique qui est sortie. Il y a plusieurs autres chercheurs. Il y a le GRIL, aussi, qui est sorti, qui est un consortium de neuf universités québécoises.»

 

Ferrandez exige des compensations

Projet Montréal a réclamé vendredi que le gouvernement fédéral mette en place une politique de compensation qui viendrait mettre un terme aux déversements d'eaux usées faits en toute impunité.

Qualifiant le rejet des eaux usées dans le fleuve ou dans d'autres cours d'eau par les municipalités de «voie facile, souvent invisible, et gratuite», le chef de l'opposition officielle Luc Ferrandez a estimé qu'Ottawa devait «forcer les municipalités à trouver des solutions autres que des déversements ou les forcer à compenser financièrement leurs rejets».

 

(Capture d'écran TVA Nouvelles)

 

M. Ferrandez veut que cette politique s'applique dès maintenant à Montréal, qui s'apprête à verser dans le fleuve huit milliards de litres d'eaux usées.

«Si le déversement ne peut être arrêté, Montréal doit compenser les impacts qu'il aura. Mais l'option que nous privilégions est toujours de trouver une solution à cette crise et d'empêcher le déversement», a précisé vendredi Luc Ferrandez dans un communiqué.

La politique de compensation proposée par Projet Montréal toucherait toutes les villes du pays qui procèdent à des déversements d'eaux usées dans les cours d'eau.

Les sommes amassées permettraient de couvrir les frais relatifs aux déversements et permettraient aux municipalités d'investir dans leurs infrastructures de traitement des eaux usées ou de permettre de financer des projets de nettoyage des berges ou de cours d'eau.

Luc Ferrandez a aussi dénoncé le manque de transparence «sans précédent» dans ce dossier.

«Denis Coderre nous a assuré qu'il n'avait d'autre choix que de déverser l'équivalent de 2600 piscines olympiques d'eaux usées dans le fleuve, mais il ne nous a jamais montré les documents qui appuient ses dires, que ce soit une étude d'impact ou une évaluation des autres options», a dénoncé le chef de Projet Montréal.

 

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