/regional/montreal/montreal

Pas d'autres options étudiées, dit le syndicat

TVA Nouvelles

Contrairement à ce qu'a dit le maire Denis Coderre, la Ville de Montréal n'a pas étudié d'autres options que celle du déversement des eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent, a dénoncé vendredi le syndicat des ingénieurs.

L'option du déversement de huit milliards de litres d'eaux usées dans le fleuve a été retenue d'emblée, a soutenu le Syndicat professionnel des scientifiques à pratique exclusive de Montréal (SPSPEM), qui représente près de 400 ingénieurs de la Ville.

Les ingénieurs sont choqués et disent être utilisés par l'administration Coderre pour justifier une décision qu'ils n'ont jamais analysée.

«Il n'y a pas eu de commande d'examiner plusieurs options. Une seule proposition a été soumise et c'est celle déversement», a assuré Michel Tremblay, président du SPSPEM.

Quant au moratoire de 48 heures exigé par le maire, il n'aurait servi qu'à se doter d'un plan de communication pour calmer la crise, a ajouté le syndicat.

«C'est un délai bien trop court pour se prononcer sur un enjeu aussi important. On ne demande pas à des experts de faire des études en 48 heures», a mentionné M. Tremblay.

En début de semaine, le maire Coderre a indiqué qu'il ne reculerait pas dans sa décision de déverser l'équivalent de quatre fois le volume du stade olympique d'eaux usées directement dans le fleuve.

«Ça ne faisait pas mon affaire et c'est pour ça que j'ai demandé un moratoire de deux jours pour s'assurer que toutes les options avaient été étudiées. On n'a vraiment pas d'autres choix que de déverser», avait-il mentionné.

Au cabinet du maire Coderre, on assure que les ingénieurs ont contribué à tout le processus de préparation du dossier de la Ville dans le cadre des travaux prévus dans l'intercepteur, cette conduite d'égout qui sera asséchée.

Pendant ces travaux d'entretien, prévus du 18 au 25 octobre, la Ville déversera le tiers de ses égouts dans le fleuve.

«Ce que prétend le syndicat est faux. Au moins une dizaine d'ingénieurs ont contribué audossier et poursuivent leur travail actuellement», a souligné Catherine Maurice, attachée du maire Coderre.

Solution «simple»

Selon M. Tremblay, la ville a opté pour la solution «la plus simple et économique».

«La Ville y est allée avec une solution qui a déjà été employée dans le passé, parce que c'était plus facile et efficace que de faire de longues analyses», a souligné M. Tremblay.

S'il n'écarte pas que le déversement pourrait être, à la lumière d'études, la solution la plus acceptable, M. Tremblay estime que les impacts de cette opération auraient pu être minimisés.

«C'est peut-être possible de faire des interventions d'une journée plutôt que d'une semaine, mais actuellement on ne se base sur aucune étude pour montrer que ce n'est pas faisable», indiqué M. Tremblay.

Selon lui, la Ville a écarté les autres alternatives parce qu'elles représenteraient d'importants investissements.

Pas de chèque en blanc

Le ministère de l'Environnement n'a pas donné de chèque en blanc à Montréal, s'est défendu pour sa part le ministre David Heurtel.

Il assure que ses fonctionnaires ont eux aussi analysé, indépendamment de la Ville, les autres scénarios alternatifs au déversement.

«On a aussi regardé les autres options, comme installer des dégrilleurs ou encore construire un nouvel intercepteur, mais ce n'était pas possible», a-t-il assuré.