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Un déversement toujours incertain

Anne-Marie Provost | Agence QMI

Moins d'une semaine avant la date prévue de l'opération, Montréal ne sait toujours pas si elle pourra déverser huit milliards de litres d'eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent.

Selon l'attachée de presse du maire Denis Coderre, les fonctionnaires fédéraux ont indiqué qu'ils devraient donner une réponse mardi, au plus tard mercredi.

Le directeur des communications d'Environnement Canada réplique toutefois que personne ne s'est engagé à ce que les analyses soient terminées mardi, et n'a pas précisé de date butoir.

Dans un courriel envoyé au journal «24 Heures», il a indiqué que les scientifiques «prendront tout le temps nécessaire pour examiner et analyser en profondeur l'information qu'ils ont reçue de la Ville».

La ministre fédérale de l'Environnement, Leona Aglukkaq, avait demandé mardi dernier la suspension du projet de déversement, le temps de faire «une évaluation appropriée» sur les impacts. Montréal a besoin de l'autorisation du ministère pour aller de l'avant.

 

Pétition déposée

En attendant le verdict d'Environnement Canada, les opposants au rejet d'eaux usées poursuivent leur mobilisation.

 

Xavier Nonnenmacher, qui a lancé une pétition il y a deux semaines, a récolté près de 90 000 signatures et doit la déposer mardi soir, au conseil d'arrondissement de Ville-Marie.

Il assure que les moyens de pression se poursuivront advenant que Montréal ait le feu vert.

«Si Environnement Canada donne son autorisation, nous allons organiser une manifestation et continuer la pression», promet le résident de Montréal.

Il ajoute que le nombre élevé de signatures prouve que beaucoup de gens sont concernés par cet enjeu. Il pense que la mobilisation doit inciter le maire de Montréal à trouver des solutions alternatives pour éviter un déversement.

Une manifestation rassemblant une cinquantaine de kayakistes et de surfeurs a eu lieu dimanche sur le fleuve Saint-Laurent.

 

Travaux nécessaires

 

C'est des travaux sur le chantier Bonaventure qui poussent Montréal à vouloir déverser directement dans le fleuve le tiers de ses égouts pendant une semaine, du 18 au 25 octobre.

La Ville transforme actuellement une partie de l'autoroute en boulevard urbain et doit fermer un des intercepteurs pour procéder au remplacement d'une chute à neige.

Le tout force le rejet dans le fleuve de matière fécale, médicaments, phosphore, déchets plastiques et autres tampons, sans passer par la station d'épuration.

Pour diminuer les impacts, Montréal s'est toutefois entendu avec l'entrepreneur responsable des travaux pour que les travaux se fassent 24 heures sur 24.