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Un scandale politique plus que scientifique

TVA Nouvelles

Beaucoup de questions sans réponses depuis qu'Ottawa a suspendu l'opération de déversement d'eaux usées dans le fleuve. Plusieurs y voient une joute politique plutôt que scientifique.

«Je ne vois pas de problème scientifique, mais un problème plutôt politique», affirme Sarah Dorner, professeure de Polytechnique, qui s'insurge contre la décision d'Ottawa qui réclame l'avis d'un expert externe indépendant avant de déverser les 8 milliards de litres d'eaux usées dans le fleuve.

«Je crois qu'Environnement Canada a l'expertise qui pourrait être utilisée pour prendre une décision au lieu de prendre la patate chaude puis la lancer ailleurs», ajoute-t-elle.

Pour l'instant, on ne sait pas qui se chargera de l'analyse. Pourtant, plusieurs experts se sont déjà penchés sur la question."

«On a fait un travail qui s'était basé sur la science. On s'est basé sur des faits», de dire le ministre québécois de l'Environnement, David Heurtel.

«Les spécialistes et des scientifiques se sont exprimés sur la question. Je pense qu'il est temps qu'on arrive au bout de ce chemin-là», insiste Robert Poëti, ministre responsable de la région de Montréal.

Les citoyens, quant à eux, sont partagés. Ils sont toutefois nombreux à trouver qu'il s'agit d'une crise politique.

«C'est hypocrite de leur part étant donné qu'ils ont enlevé les cours d'eau des cours protégés que maintenant, ils font la morale à Montréal», affirme un passant.

«Je suis toujours sensible aux choses qui touchent l'environnement, mais dans ce cas-ci, j'ai l'impression qu'il y a comme deux poids, deux mesures», explique un autre homme.

«Quand on entend qu'on va déverser 8 milliards de litres dans le Saint-Laurent, je ne pense pas que c'est une bonne chose surtout avec les débats sur l'environnement aujourd'hui», conclut un homme.

Le maire Coderre espère que le vent tourne rapidement. Il souhaite une réponse d'Ottawa d'ici le 23 octobre.