/news/world

Tarantino contre la violence policière

Rassemblement à New York

TVA Nouvelles

Le réalisateur américain Quentin Tarantino a participé jeudi à Times Square à New York à une manifestation pour réclamer une réforme de la police et de la justice, pour les victimes non armées tuées par des agents des forces de l'ordre.

Le réalisateur de Pulp Fiction (1994) ou Django Unchained (2012) a rejoint des auteurs, membres du clergé, intellectuels et acteurs, pour la lecture de 250 noms d'hommes, femmes et enfants décédés aux mains de la police depuis les années 1990.

Quelque 40 familles ayant perdu un proche avaient voyagé de partout aux États-Unis pour se joindre à ce rassemblement, dans le cadre de trois jours de protestations organisées à New York pour demander la fin des violences policières et une réforme du système judiciaire.

Parmi les noms lus par Tarantino, figurait celui de Michael Brown, 18 ans, dont la mort à Ferguson, Missouri (centre) en août 2014 avait provoqué des manifestations dans tout le pays, ou encore celui de Tamir Rice, 12 ans, tué alors qu'il jouait avec un pistolet en jouet, en novembre 2014 à Cleveland dans l'Ohio (nord).

Selon une base de données compilée par le quotidien britannique The Guardian, 927 personnes ont été tuées par la police aux États-Unis cette année, dont 435 blancs, 227 noirs et 143 latinos. La race et l'ethnicité d'une petite centaine d'autres sont inconnues.

Les lois sur les armes à feu font que les policiers sont plus exposés au risque d'être confrontés à des suspects armés que dans les autres pays occidentaux. Selon le National Law Enforcement Officers Memorial Fund, un policier est tué en moyenne tous les deux jours et demi aux États-Unis dans le cadre de ses fonctions.

Quatre l'ont été notamment depuis 11 mois à New York, dont le dernier, mardi soir, tué d'une balle dans la tête par un suspect récidiviste, décrit comme un «criminel endurci» par le maire Bill de Blasio.

Un des manifestants jeudi, le musicien Arturo O'Farrill a qualifié sa mort de «tragédie».

Mais les protestataires étaient d'abord là pour manifester contre les violences policières, et la façon dont la justice les traite.

«Le système judiciaire dans son ensemble doit être démantelé», a ainsi affirmé ainsi la tante d'Akai Gurley, un jeune noir tué par un policier débutant dans une cage d'escalier sombre d'une HLM de Brooklyn en novembre dernier. Le policier, inculpé, doit être jugé en janvier.

Le collectif #RiseupOctober, a également invité à manifester vendredi dans le Queens pour demander la fermeture de la prison de Rikers Islande à New York, avant une autre manifestation samedi à Manhattan.