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Québec investit 1 milliard $ US pour sauver la CSeries

Québec investit 1 milliard $ US pour sauver la CSeries

TVA Nouvelles

Le gouvernement du Québec investit 1 G$ US (1,3 G$) pour aider Bombardier (BBD.B : TSX) à poursuivre le développement de son appareil CSeries. Dans le cadre de cet investissement, les deux partenaires deviennent associés d’une société en commandite responsable de la conception, de la fabrication et de la commercialisation du programme aéronautique.

En misant 1 G$ US sur le CSeries, le gouvernement obtient une participation de 49,5 % dans la société en commandite. L'investissement, puisé dans le Fonds du développement économique, sera administré par Investissement Québec. L’État va emprunter l’argent pour procéder à deux versements de 500 M$ US, le 1er avril et le 30 juin 2016. Ces montants seront entièrement affectés au fonds de roulement du programme d'avions CSeries.

«Nous avons fait cet investissement dans le CSeries parce qu’on a jugé que le retour sur investissement serait plus élevé si on le faisait que si nous ne le faisions pas», a dit Jacques Daoust, ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations, en conférence de presse, précisant que l’industrie aéronautique représente 40 000 emplois au Québec.

Bombardier obtient le contrôle de la société en commandite avec une participation de 50,5%. Le fabricant va transférer dans l’entreprise quelques 1 700 employés, des contrats de fournisseurs et de clients ainsi que des actifs et des propriétés intellectuelles liés au développement et à la commercialisation des appareils CS100 et CS300.

La nouvelle société, qui sera incluse dans les résultats consolidés de Bombardier, aura un bilan sain puisque Bombardier a annoncé jeudi qu’elle a comptabilisé une charge de 3,2 G$ US, liée au CSeries, à ses résultats du troisième trimestre.

«Le gouvernement du Québec investit à un bon moment parce que le CSeries est sur le point d’être certifié. Ça veut dire que le risque est diminué. Pour nous, le CSeries a été un investissement de cinq milliards», a dit Alain Bellemare, président et chef de la direction de Bombardier, en conférence de presse.

Des actions de Bombardier

En s’associant à Bombardier, Québec a aussi obtenu des bons de souscription lui permettant d’acquérir jusqu’à 200 M d’actions de classe B, représentant près de 9% des actions de cette catégorie, à un prix d’exercice de 2,21$. Le montant correspond à une prime de 37% par rapport au prix de clôture de l’action, mercredi, à 1,61$.

L’entente prévoit par ailleurs que pour les 20 prochaines années, Bombardier doit conserver au Québec le siège social stratégique, financier et opérationnel de la nouvelle société et les activités de conception, de fabrication et de commercialisation des biréacteurs, ainsi que le service après-vente.

Selon Alain Bellemarre, Bombardier en est venue à conclure une telle entente parce qu’elle a mené trop de programmes de front, le développement du CSeries, du Learjet 85 (abandonné) et des Global en plus de la mise à niveau des Challenger.

Ce n’est pas la première fois que l’État québécois appuie Bombardier dans le cadre du développement du CSeries. En 2013, Québec a mis 1 G$ sur la table pour financer des acheteurs de l’appareil.

Les gouvernements québécois, canadien et du Royaume-Uni ont aussi déboursé des contributions financières importantes pour soutenir l’avion, dans le passé. Ottawa a prêté 350 M$, Québec 117 M$ et le Royaume-Uni, 180 millions de livres sterling. 

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