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Il avait un cerveau malade, soutient une psychiatre

Michaël Nguyen

Quand Guy Turcotte a poignardé une première fois son fils, il a réalisé la douleur qu'il lui causait. Mais cela ne veut pas dire qu'il était conscient de ses gestes, soutient une experte de la défense.

«Je ne pense pas qu'il était capable de s'arrêter, il était en perte de contrôle [...], son cerveau ne fonctionnait pas bien», a affirmé la psychiatre de la défense, Dominique Bourget, vendredi au procès de Turcotte.

Au cours de son contre-interrogatoire, Me René Verret de la Couronne a interrogé l'experte sur l'état mental de Turcotte au moment du drame.

Car lors de son témoignage, l'ex-cardiologue avait admis avoir «paniqué» après avoir réalisé qu'il poignardait son enfant.

Mais cela ne veut pas dire qu'il était conscient de ses gestes, a répliqué la psychiatre.

Et si Guy Turcotte a vécu ce que vivent des milliers de Québécois chaque année en se séparant de sa femme, comme l'a laissé entendre la défense, il demeure un cas particulier, a répondu la psychiatre qui soutient la thèse de la non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux.

La Dre Dominique Bourget, experte en psychiatrie légale (Crédit photo: archives Agence QMI)

«Je ne voudrais pas laisser l'impression que tous ceux qui vivent [une séparation] vont développer un trouble d'adaptation, c'est du cas par cas», a-t-elle répondu.

Crédibilité

Pour la troisième journée de suite, l'experte en psychiatrie légale a répété que, selon elle, Turcotte ne pouvait pas avoir l'intention de tuer Anne-Sophie et Olivier lorsqu'il les a poignardés 46 fois, en février 2009, après que sa femme l'eut quitté pour un autre homme.

Mais la Couronne a remis en doute cette possibilité, laissant même entendre que l'experte s'était trop fiée à la version que lui avait donnée l'accusé.

Par exemple, dans son rapport, la Dre Bourget affirme que le mois suivant le drame, Turcotte lisait des livres pour enfants, car il était incapable de se concentrer suffisamment pour lire d'autres livres.

Guy Turcotte (Crédit photo: archives Agence QMI)

Or, un autre psychiatre a dit exactement le contraire au cours du procès.

En mars 2009, Guy Turcotte lisait entre autres sur l'art précolombien, avait affirmé le Dr Jacques Talbot.

«C'était simplement pour montrer les problèmes de concentration [de Turcotte], ce n'était rien de plus», a soutenu la Dre Bourget en affirmant avoir été prudente.
Son contre-interrogatoire se poursuivra lundi.