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Doute sur la volonté de Turcotte de se suicider

Michaël Nguyen

La Couronne a douté jeudi que Guy Turcotte voulait vraiment se suicider lorsqu'il a bu du lave-glace le soir où il a poignardé ses deux enfants.

«Il était cardiologue, il devait savoir comment se tuer avec un couteau, il y en avait partout (dans la maison)», a noté Me René Verret de la Couronne, alors qu'il poursuivait le contre-interrogatoire du psychiatre expert de la défense.

Selon la théorie proposée par la poursuite au Dr Louis Morissette, qui agit comme expert psychiatre pour la défense, l'ex-cardiologue savait qu'ingérer du lave-glace pouvait causer la mort en plus de 12h. Il serait donc possible que lorsque Turcotte avait appelé sa mère le soir du drame, il ait pu alors s'agir d'un appel à l'aide plutôt qu'un appel d'adieu.

«C'est possible que ce soit un processus inconscient, on ne peut pas l'exclure», a reconnu le Dr Morissette, qui a toutefois affirmé que selon des études, 100% des gens qui se suicident souffrent d'une maladie mentale.

L'expert de la défense a d'ailleurs souligné que si Turcotte savait comment se tuer au couteau, ses émotions outrepassaient ses connaissances médicales qui lui auraient permis de se tuer.

«C'est vraiment une question émotionnelle», a assuré le témoin, dont les conclusions du rapport soutiennent la thèse de non-responsabilité criminelle avancée par l'accusé de 43 ans.
Contradiction

TVA Nouvelles

(Capture d'écran, TVA Nouvelles)

La Couronne, qui tente de miner la crédibilité du témoin depuis mercredi, a d'ailleurs noté que dans son rapport, le Dr Morissette avait noté deux facteurs pour expliquer la mort d'Anne-Sophie et d'Olivier, trois et cinq ans, quelques semaines après que Turcotte se fut séparé de son ex-femme, qui le trompait.

Il s'agirait d'un trouble d'adaptation et d'une surcharge émotionnelle ayant causé une crise suicidaire aiguë.

Or, dans une entrevue en janvier, le Dr Morissette avait aussi parlé d'intoxication au méthanol comme cause du passage à l'acte de Turcotte.

Le témoin s'est toutefois défendu, en affirmant qu'il mentionnait le méthanol dans son rapport puisqu'il ne peut pas exclure ce facteur, qui n'est cependant pas déterminant dans ses conclusions.

Le procès reprendra lundi.