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Le crédit trop facilement accessible?

L'accès au crédit est-il devenu trop facile pour les jeunes ? Annie, jeune mère de famille du Saguenay, en est un exemple frappant.

«Il faut que je prenne une médication pour pouvoir dormir comme il faut. Ça joue sur le moral», lance la jeune femme d'emblée.

À 20 ans, elle aimerait se concentrer sur son bébé, mais elle et son conjoint de 22 ans, ont de grosses dettes totalisant 8800$. La carte de crédit de son copain est pleine, la sienne aussi. Ils ont un prêt étudiant et une marge remplie à 1000$.

Capture d'écran TVA Nouvelles

(Crédit photo: Capture d'écran TVA Nouvelles)

«On n'arrive pas à payer le minimum parce que, quand on paye le minimum, il y a un intérêt qui se rajoute sur l'intérêt. Ça fait que ça remonte tout le temps», lance-t-elle.
Payer ce crédit leur gruge plus de 500$ par mois, soit le tiers de leurs revenus.

«On ne peut même pas combler notre épicerie, on a même pensé à faire faillite», soutient la jeune mère de famille.

Le téléphone sonne parfois à la maison. Ce sont les entreprises de crédit. «Trois fois par jour qu'ils nous appellent, des fois, c'est cinq fois et c'est à n'importe quelle heure», dit-elle, découragée.

Les syndics aident des personnes comme Annie toutes les semaines. L'an dernier, au Québec, près de 1200 jeunes âgés entre 18 et 24 ans ont déclaré faillite en raison de 40 millions$ de dettes.

«Les jeunes ont cette facilité incroyable, de s'endetter d'une façon assez exponentielle. Ils sont nés avec une carte virtuelle», observe Henriette Tremblay, administratrice chez Jean Fortin et associés Syndics.

Capture d'écran TVA Nouvelles

Henriette Tremblay (Crédit photo: Capture d'écran TVA Nouvelles)

Quand ils consultent, ils ont généralement 20-22 ans avec des dettes allant jusqu'à 20,000$. Plusieurs commencent à avoir accès au crédit dès l'âge de 16 ans, sans répondre à beaucoup de questions.

Henriette Tremblay a noté une nouvelle manière de se retrouver avec des dettes chez les jeunes. Selon elle, certains jeunes ont quatre ou cinq fournisseurs de téléphone et d'Internet impayés.

Mme Tremblay croit que le programme scolaire devrait prévoir des cours sur les finances personnelles. «Il n'y a pas de cours qui se donne pour faire un budget, déplore-t-elle. Ce serait tellement important parce qu'ils n'ont pas la notion de base avec l'argent.»

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