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La date du déversement connue mardi

Améli Pineda | Agence QMI

La date du déversement d’eaux usées sera connue mardi, a annoncé le maire de Montréal, Denis Coderre, qui s’est engagé à respecter les nouvelles conditions imposées par Ottawa pour aller de l’avant avec l’opération.

Les huit milliards de litres d’eau contaminée pourraient se retrouver dans le fleuve dès cette semaine.

«Le déversement se fera. On est tout à fait d’accord avec les conditions exigées par la ministre», a déclaré M. Coderre.

Le maire a même indiqué qu’une séance d’information sera tenue ce mardi pour présenter aux médias le déroulement du déversement.
Cette opération s’inscrit dans le cadre des travaux de l’autoroute Bonaventure. La Ville doit remplacer la chute à neige Wellington, ce qui l’oblige à fermer l’intercepteur, une conduite qui transporte les eaux usées jusqu’à l’usine d’épuration.

Modifications exigées

Lundi après-midi, la nouvelle ministre de l’Environnement, Catherine McKenna, a demandé à la Ville de Montréal de modifier son projet de déversement de huit milliards de litres d’eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent.

«Je reconnais que le rejet d’eaux usées non traitées est loin d’être une solution idéale, mais la Ville doit effectuer rapidement des travaux afin de prévenir tout rejet non prévu qui pourrait causer encore plus de dommages», a souligné la ministre McKenna.

Ottawa exige que la Ville assure une surveillance visuelle du panache qui se formera lors du déversement ainsi que de la qualité de l’eau.

La Ville devra prendre toutes les mesures nécessaires pour nettoyer les zones où les matières se seront accumulées.

Elle a aussi demandé à la Ville de préparer et de mettre en œuvre un plan de gestion concernant les rejets imprévus des grandes installations industrielles, institutionnelles ou commerciales dans les égouts de la Ville de Montréal pendant la période des travaux.

Avant que le maire Coderre réagisse, la ministre a indiqué qu’elle laissait à la Ville jusqu’au 5 décembre pour satisfaire aux nouvelles conditions, faute de quoi l’opération serait reportée.

Manque de transparence

Pour l’opposition officielle, les nouvelles conditions imposées par la ministre McKenna sont une gifle pour la Ville qu’elle accuse d’improviser.

«Depuis le début, l’administration Coderre a mis beaucoup d’énergie pour cacher le déversement au lieu de trouver des solutions alternatives. On nous a toujours fait croire qu’il n’y avait rien de possible à faire pour mitiger alors qu’on voit qu’il y a des conditions à respecter», a fait valoir Sylvain Ouellet, conseiller de Projet Montréal.

Rappelons que vendredi dernier, Environnement Canada a rendu public le rapport du comité d’experts indépendant.

Ce comité avait été mandaté par l'ancienne ministre conservatrice de l'Environnement, Leona Aglukkaq, qui avait suspendu le déversement 16 octobre dernier.

L'arrêté ministériel, qui était en vigueur jusqu'au 2 novembre, avait été reconduit jusqu'au 9 novembre pour que la nouvelle ministre McKenna, prenne la décision dans le dossier.

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