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Les boutiques érotiques craignent pour leur survie

Louis Gagné | Agence QMI

Les boutiques érotiques demandent au gouvernement la permission de rester ouvertes au-delà des heures réglementaires, sans quoi elles risquent d’être acculées à la faillite.

Il n’y a pas si longtemps encore, le ministère de l’Économie tolérait que les «sex shops» opèrent au-delà des heures légales, soit après 21 h du lundi au vendredi et après 17 h les week-ends. Les fonctionnaires du ministère ont toutefois décidé de serrer la vis aux personnes qui exploitent ces commerces.

«Ils nous ont dit: "Non, nous autres, on a décidé que ça ne faisait plus notre affaire. On vous tolérait, mais on ne vous tolère plus, donc vous fermez à 5 h le samedi et dimanche, c’est comme ça"», a raconté le propriétaire des boutiques PlanetX de Québec, Jean-Luc Audet, en entrevue avec l’Agence QMI.

M. Audet affirme que son chiffre d’affaires le samedi a fondu de plus de 60 % depuis que le ministère applique à la lettre la «Loi sur les heures et les jours d’ouverture et d’admission».

Le conjoint de Cindy Cinnamon, une personnalité bien connue dans le milieu de l’érotisme au Québec, dit avoir été contraint de mettre des employés à pied.

La situation est telle que l’Association des boutiques et des clubs vidéo érotiques du Québec (ABVEQ) a entrepris des démarches auprès du gouvernement afin que les «sex shops» soient ajoutés à la liste des commerces qui peuvent demeurer ouverts après les heures légales. Les tabagies, les salons funéraires, les pharmacies et les kiosques à journaux, entre autres, se sont prévalus de cette exception.

«On a vraiment une industrie particulière avec des habitudes de consommation différentes et si on ne remédie pas à la situation, il y a beaucoup de boutiques qui vont devoir fermer leurs portes», a prévenu la présidente de l’ABVEQ, Édith Arsenault.

Elle a expliqué que les heures d’ouverture normales ne correspondent pas aux besoins ni aux habitudes des consommateurs, qui préfèrent effectuer leurs achats coquins le soir. Un sondage réalisé par la firme CROP tend par ailleurs à lui donner raison (voir encadré).

L’enquête a révélé qu’une grande majorité des Québécois qui fréquentent les boutiques érotiques le font entre 17 h et minuit.

 

Les habitudes de consommation de produits érotiques des Québécois:

 

- 63 % des Québécois ont déjà fréquenté une boutique érotique

- 77 % des Québécois préfèrent fréquenter les boutiques érotiques après 17 h

- 39 % des Québécois préfèrent fréquenter les boutiques érotiques après 21 h

 

Source: CROP