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Sa maladie est «le rhume de la psychiatrie»

Michaël Nguyen | Agence QMI

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La maladie mentale de Guy Turcotte a été comparée au «rhume de la psychiatrie» par un expert de la Couronne, mardi au procès pour meurtre de l’ex-cardiologue.

«Le trouble de l’adaptation n’empêche pas de réfléchir, d’être responsable de ses actes, c’est comme le rhume de la psychiatrie», a affirmé le Dr Pierre Bleau, psychiatre expert de la Couronne.

Le psychiatre est le premier témoin présenté par la Couronne en contrepreuve, alors que la défense a clos la sienne.

«Le trouble de l’adaptation n’empêche pas de réfléchir, d’être responsable de ses actes, c’est comme le rhume de la psychiatrie.»

Dr Pierre Bleau

psychiatre expert de la Couronne

Et contrairement aux experts de la défense avant lui, le Dr Bleau a minimisé la maladie mentale dont Turcotte serait affecté. La Dre Dominique Bourget, par exemple, avait affirmé que Turcotte avait un «cerveau malade» lorsqu’il avait poignardé 46 fois Anne-Sophie et Olivier, en février 2009 à la suite de sa séparation avec sa femme, qui le trompait.

«C’est une espèce de cliché de dire que la maladie mentale signifie un cerveau malade parce que ça aide à vendre des médicaments, a expliqué le Dr Bleau. Il y a une différence entre la douleur et la maladie.»

Le témoin a d’ailleurs ajouté que jusqu’à 15 % de la population souffre de trouble d’adaptation. Durant sa vie, une personne a une chance sur deux de souffrir d’un trouble mental, a ajouté l’expert.

«Cela empêche de fonctionner comme on voudrait, mais c’est au bas de l’échelle (des maladies mentales), a soutenu le Dr Bleau. Quand on parle de troubles sévères, c’est plutôt la dépression.»

Plus tôt avant lui, des experts de la défense avaient assuré que Turcotte souffrait de trouble d’adaptation avec humeur anxieuse et dépressive le soir du drame.

Sans parler du cas Turcotte, l’expert s’est aussi prononcé sur la crise suicidaire, qui n’est pas une maladie mentale.

«On ne peut pas faire le lien entre l’idée suicidaire et la perte de contact avec la réalité», a expliqué le psychiatre.

Rappelons que la défense avait insisté sur la crise qu’aurait eue Turcotte le soir du drame. L’ex-cardiologue de 43 ans avait bu du lave-glace pour se suicider, avant et après la mort de ses enfants de trois et cinq ans. Turcotte plaidera la non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux.

Le procès devait se poursuivre mardi, au palais de justice de Saint-Jérôme.

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