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Le déversement des eaux usées dans le fleuve a débuté

Agence QMI

Le déversement des huit milliards de litres d’eau contaminée dans le fleuve Saint-Laurent a débuté peu après minuit mercredi, pour permettre à la Ville de Montréal d’effectuer des travaux sur certaines infrastructures.

Les eaux usées ont commencé à se déverser dans 24 points situés entre La Salle et Pointe-aux-Trembles. Comme l’eau et l’air sont plus froids à cette période-ci de l’année, il ne devrait pas y avoir d’odeurs perceptibles, selon les responsables municipaux. De plus, les rejets se font sous l’eau à une distance qui varie de 30 à 50 mètres de la rive.

Même si peu de déchets flottaient à la surface des eaux, des spécialistes préviennent toutefois que la vraie pollution viendra de ce qui n’est pas forcément visible. «C’est tout le littoral et jusqu’à la Cité du Havre et Habitat 67, qui va être contaminé avec des coliformes. Le Saint-Laurent va devenir une mini-fosse septique», s’est inquiété l’écologiste Daniel Green, chef adjoint du Parti vert du Canada.

Un point de rejet était tout particulièrement surveillé par les autorités mercredi, soit à la station de pompage Saint-Pierre, à Verdun. Un inspecteur est venu examiner les lieux et une estacade a été installée afin de retenir les détritus.

Les autorités ont demandé aux Montréalais de ne pas jeter dans les toilettes des déchets solides, notamment des cigarettes, des condoms, des couches, des tampons et des serviettes hygiéniques. Durant la semaine que doit durer l’opération, la Ville demande aussi de réduire la consommation d’eau.

Des avis ont été envoyés à 46 000 résidents qui habitent à proximité des sites de rejets, notamment près de L’Île-des-Sœurs et de Pointe-aux-Trembles. Des panneaux d’affichage mentionnant d’éviter le contact avec l’eau, ont aussi été installés sur les 24 sites où les rejets auront lieu.

Pendant l’opération de déversement et 48 heures après, la baignade et les autres activités qui nécessitent un contact avec l’eau, comme le kayak ou le surf, seront interdites.

Des travaux nécessaires

La Ville a expliqué que ce déversement est rendu nécessaire pour effectuer les travaux de remplacement de la chute à neige Wellington, qui sera éliminée en raison de la nouvelle configuration de l’autoroute Bonaventure.

En vue de la construction d’une nouvelle chute à neige, Montréal doit effectuer une série de travaux qui l’obligent à fermer l’intercepteur, une conduite qui transporte les eaux usées jusqu’à l’usine d’épuration.

L’annonce du déversement a fait son lot de mécontents. Près de 95 000 personnes ont signé une pétition demandant au maire de ne pas procéder à l’opération. L’opposition officielle au conseil municipal a décrié le manque de transparence de la municipalité.

«Au final, cet épisode aura eu l’effet bénéfique de sensibiliser davantage la population. J’y vois aussi une excellente opportunité de cumuler des données scientifiques qui serviront à l’ensemble des villes canadiennes», a déclaré le maire de Montréal, Denis Coderre, en conférence de presse mardi.

En fin de soirée mardi, une quarantaine de personnes ont manifesté aux abords du pont Honoré-Mercier, près de Kahnawake, sur la Rive-Sud. Ils ont brièvement obstrué la bretelle permettant d’emprunter le pont depuis la route 132.