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Au moins six points d'attaque

Agence France-Presse

Les attentats qui ont frappé Paris vendredi soir ont été menés en au moins six points différents, faisant au moins 120 morts, selon les autorités. Les bilans des différentes attaques fournies à l'AFP par diverses sources y compris judiciaires font cependant craindre un nombre de victimes plus élevé.

Les attaques se sont déroulées près du prestigieux Stade de France, dans la banlieue nord de Paris, et dans l'Est parisien, aux bars très fréquentés le week-end, non loin de la place de la République où avaient convergé 1,5 million de personnes après les attentats de janvier.

Plusieurs hommes armés à visage découvert font irruption et ouvrent le feu, aux cris de «Allah Akbar», dans la salle de spectacle du Bataclan où se déroule un concert de rock. S'en suit une prise d'otages de près de trois heures.

«Je les ai clairement entendus dire aux otages "C'est la faute de Hollande, c'est la faute de votre président, il n'a pas à intervenir en Syrie". Ils ont aussi parlé de l'Irak», a raconté Pierre Janaszak, 35 ans, animateur radio et TV qui se trouvait dans la salle.

«Avec ma mère on a réussi à s'enfuir du Bataclan (...), on a évité les coups de feu, il y avait plein de gens partout par terre», a raconté un jeune homme, prénommé Louis. «Des mecs sont arrivés, ils ont commencé à tirer au niveau de l'entrée.»

L'assaut a été lancé par la police peu avant 0h30 et s'est terminé vers 1h. Bilan: plusieurs dizaines de morts, dont quatre assaillants. Trois d'entre eux sont morts en activant leur ceinture d'explosifs. Le quatrième, qui portait également une ceinture, est touché par la police avant d'exploser en tombant, selon une source proche de l'enquête.

Simultanément, une première explosion se produit à 21H20 aux abords du prestigieux Stade de France, au nord de Paris, où doit se dérouler la finale de l'Euro en juillet, et non loin du Bourget où doit se tenir la grande conférence climat qui doit débuter le 30 novembre.

Le président français François Hollande, qui assistait au match, est immédiatement évacué, alors que les entrées et sorties du stade sont été aussitôt bouclées.

Quatre personnes sont mortes dont «sans doute trois terroristes» ayant pris part aux attaques, selon une source proche de l'enquête. Au moins l'une des explosions a été causée par un kamizare, selon des sources policières et proche du dossier.

Le match se poursuivi jusqu'au bout, et le public a finalement été évacué dans un calme relatif.

À quelques centaines de mètres du Bataclan, rue de la Fontaine au roi, la terrasse d'une pizzeria, La Casa Nostra, est visée. Cinq personnes sont abattues par plusieurs rafales d'une «mitrailleuse automatique», selon un témoin, Mathieu, 35 ans.

«Il y avait au moins cinq morts autour de moi, d'autres dans la rue, du sang partout. J'ai eu beaucoup de chance.»

Un autre témoin raconte qu'il «a vu une Ford Focus noire qui tirait, puis plusieurs douilles par terre».

Selon une source judiciaire, une autre attaque faisant un mort a également eu lieu boulevard Voltaire, sans qu'on sache à quelle distance du Bataclan - situé également boulevard Voltaire - elle s'est déroulée.

Un peu plus au nord, une fusillade éclate à l'angle des rues Bichat et Alibert, sur la terrasse du restaurant Le Petit Cambodge. Bilan: quatorze morts.

«C'était surréaliste, tout le monde était à terre, personne ne bougeait», a relaté une femme.

«C'était très calme, les gens ne comprenaient pas ce qui se passait. Une fille était portée par un jeune homme dans ses bras. Elle avait l'air morte», a-t-elle ajouté.

Mêmes scènes de guerre rue de Charonne, un peu plus à l'Est, où 18 personnes ont péri.

Un homme dit avoir entendu des tirs pendant «deux, trois minutes», «des rafales». «J'ai vu plusieurs corps à terre ensanglantés. Je ne sais pas s'ils étaient morts», lâche-t-il. Selon lui, un café et un restaurant japonais ont été la cible des tirs.

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