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Baptême de feu pour Trudeau

 - Agence QMI

Malgré les violents attentats de Paris, le Canada maintient son engagement de mettre fin à la mission militaire au Moyen-Orient et d’accueillir 25 000 réfugiés syriens d’ici la fin de l’année.

Ces actes terroristes vont se retrouver au cœur du Sommet du G20, qui s’ouvre dimanche en Turquie.

Il s’agit d’un baptême de feu pour le premier ministre Justin Trudeau arrivé samedi à Antalya, où il participera à sa première rencontre internationale depuis son entrée en fonction. Il aura l’occasion de briser la glace avec les 20 leaders des pays les plus développés de la planète.

Les attaques terroristes feront ainsi ombrage à son intention initiale de profiter de cette tribune pour plaider contre l’austérité et promouvoir son grand plan d’investissement dans les infrastructures comme moyen de stimuler la croissance économique.

Signe que l’économie devait être son sujet de prédilection, M. Trudeau est accompagné uniquement de son ministre des Finances, Bill Morneau, à l’occasion de cette rencontre.

«Je suis certain que nos discussions ici en Turquie vont être un peu différentes à cause de la tragédie en France. Nos pensées sont avec nos amis français. Je crois que c’est sûrement approprié d’avoir une grande discussion sur les défis du terrorisme», a affirmé, samedi, le grand argentier du Canada.

Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, se joindra au premier ministre, tel que prévu, lors du Forum de la coopération économique pour l’Asie-Pacifique (APEC) aux Philippines suivant le G20.

En entrevue sur les ondes de TVA Nouvelles, le chef de la diplomatie canadienne a pour sa part réitéré l’intention du Canada de mettre fin à la mission militaire en Irak et en Syrie, où les chasseurs CF-18 mènent des frappes aériennes.

«Notre objectif n'est pas de se retirer de la coalition, c'est d'y être plus efficace, avec tout l'argent qu'on engouffre. On croit qu'on va être plus efficace en réacheminant nos efforts envers les troupes locales et les sources policières et en renforçant notre aide humanitaire», a fait valoir, samedi, M. Dion.

Un porte-parole du bureau du premier ministre a précisé que ce retrait des CF-18 serait fait «de façon responsable». «Sur la question des réfugiés syriens et de l’aide humanitaire, nous croyons que nous pouvons atteindre nos cibles de façon sécuritaire et responsable», a ajouté ce porte-parole.

Il a précisé qu’aucun Canadien à ce jour ne faisait partie des disparus ou blessés ou était mis en cause dans les attaques.

Selon le politologue de l’UQAM, Justin Massie, la position du nouveau premier ministre reste encore à être articulée dans le dossier de la lutte contre le groupe armé État islamique (EI).

«Il faut voir quel va être le rôle du Canada. Comment on va articuler le retrait, parce que retirer les forces de combat c’est une chose, mais ça n’amène pas une paix dans la région qui passe nécessairement par un accord politique. Est-ce que le Canada va y contribuer? Comment? Quelle est sa vision de la participation militaire russe dans ce conflit-là? Ce sont des questions qui demeurent en suspens à l’heure actuelle», a souligné l’expert de politique étrangère et de défense du Canada.

En raison de ces incidents, le président français, François Hollande, a pour sa part annulé sa présence à la rencontre du G20 et sera représenté à la place par son ministre des Affaires étrangères et du Développement international et par son ministre des Finances et des comptes publics.

Six rencontres bilatérales

Le premier ministre Trudeau aura l’occasion de s’entretenir avec six de ses homologues étrangers lors de rencontres bilatérales. Il aura ainsi un tête-à-tête avec le président mexicain, Enrique PeñaNieto, et son homologue indonésien dimanche, puis rencontrera, lundi, les présidents chinois et turc, ainsi que le premier ministre italien et la chancelière allemande.

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