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Des kalachnikov retrouvées dans une voiture

Agence France-Presse

Plusieurs fusils d'assaut kalachnikov, du même type que ceux utilisés dans les fusillades à Paris vendredi soir, ont été découverts dans la voiture noire de marque Seat retrouvée à Montreuil, dans la banlieue est de la capitale, a-t-on appris dimanche de source judiciaire.

Des témoins ont fait état de la présence d'une Seat noire utilisée par les assaillants sur trois sites des attaques contre des bars et restaurants dans l'est de Paris. Sept personnes, membres de la famille d'un des kamikazes, Omar Ismaïl Mostefaï, avec laquelle il était en rupture, étaient par ailleurs dimanche en garde à vue, selon la même source.

Après avoir identifié un premier présumé jihadiste impliqué dans les attentats meurtriers de Paris, les enquêteurs accentuent leurs investigations sur ses complices et d'éventuels commanditaires, la piste des kamikazes conduisant juqu'à la Grèce et la Belgique.

Six personnes de l'entourage d'Omar Ismaïl Mostefaï, le kamikaze français identifié comme l'un des auteurs de l'attaque de la salle de spectacles du Bataclan à Paris, sont en garde à vue, notamment son père et son frère et la femme de ce dernier, a-t-on appris de sources judiciaires et policières.

Une voiture noire de marque Seat, utilisée au cours des fusillades vendredi soir dans un bar et un restaurant, a par ailleurs été retrouvée à Montreuil, une commune de la banlieue est de Paris, selon des sources policières.

Le père et le frère de l'assaillant, mort dans l'explosion de sa ceinture d'explosifs, ont été interpellés dès samedi soir et des perquisitions effectuées à leurs domiciles samedi soir à Romilly-sur-Seine (est de la France) et Bondoufle (région parisienne).

Omar Ismaïl Mostefaï, un Français de 29 ans, a été identifié grâce à un doigt sectionné retrouvé sur les lieux.

Né à Courcouronnes, en banlieue parisienne, ce petit délinquant condamné à plusieurs pour des délits de droit commun était fiché pour sa radicalisation islamiste depuis 2010, mais n'avait «jamais été impliqué dans un dossier de filière» jihadiste selon la justice.

Au surlendemain des attentats, les plus meurtriers en France - qui ont fait 129 morts et plus de 350 blessés -, les enquêteurs ont aussi mis la main, près du corps d'un kamikaze du Stade de France, sur un passeport syrien appartenant à un migrant enregistré en Grèce, selon Athènes.

Outre cette piste syrienne, l'enquête a mis au jour une piste belge. Trois personnes ont été arrêtées par les autorités belges. Parmi elles, l'homme qui avait loué la Polo noire des kamikazes retrouvée garée devant le Bataclan, théâtre de la plus meurtrière des attaques avec au moins 89 morts.

Ces trois suspects «ne sont pas connus des services de renseignements français», a précisé le procuteur de Paris, François Molins. Les enquêteurs cherchent notamment à savoir si certains des assaillants ont pu disparaître dans la nature et si d'autres actions sont en préparation.

Selon le procureur de Paris, trois équipes ont vraisemblement participé aux attentats. Sept kamikazes ont été tués par leur ceinture d'explosifs. Mais d'autres personnes ont pu participer aux attaques.

Trois assaillants sont morts au Bataclan, trois autres se sont fait sauter près du Stade de France, où 80.000 personnes, dont le président François Hollande, assistaient à un match amical de football France-Allemagne, et un dernier boulevard Voltaire dans l'est de Paris.

Les assaillants ont ouvert le feu à des centaines de reprises, tirant sur des clients attablés aux terrasses de cafés et restaurants ou sur le public massé au Bataclan pour un concert de rock.

Dix mois après les attaques contre le journal satirique Charlie Hebdo et le magasin Hyper Cacher, qui avaient fait 17 morts en janvier, ces attentats ont replongé la France dans la douleur et le recueillement.

Un deuil national de trois jours est observé depuis dimanche. Musées et salles de spectacle restent fermés dans la capitale. Samedi soir, les terrasses étaient vides - sauf paradoxalement dans le quartier du Bataclan - et les trottoirs plutôt déserts dans la ville de Lumière.

Dimanche, l'absence des marchés de plein air, typiques ce jour-là à Paris, était frappante.

En dépit de l'interdiction des manifestations à Paris jusqu'à jeudi, des centaines de personnes se sont rassemblées samedi soir place de la République, haut lieu de la mobilisation post-Charlie, où la devise de la capitale "Fluctuat nec mergitur" ("Il est battu par les flots mais ne sombre pas") a été peinte en grand.

Le président socialiste, qui a appelé à l'unité nationale, reçoit dans la journée les chefs de partis dont son prédécesseur et rival de droite Nicolas Sarkozy. Lundi, il s'exprimera devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès à Paris, dans un acte politique exceptionnel.

Le président, qui a qualifié les attentats d'«acte de guerre», a décidé de déployer 3 000 soldats supplémentaires dans l'opération Sentinelle, mise en place après les attentats de janvier pour protéger des sites sensibles (synagogues, mosquées...) et des lieux publics.

Au total, 10 000 soldats seront ainsi mobilisés d'ici mardi soir sur le territoire, en particulier sur Paris, soit le niveau maximal prévu pour Sentinelle.

Sur le front extérieur, la France, engagée militairement en Syrie et en Irak, «frappera» le groupe État islamique qui a revendiqué les attentats pour le «détruire», a promis le premier ministre Manuel Valls.

Interrogé sur les cibles de l'armée française - qui après avoir frappé des camps d'entraînement de l'EI a visé des sites d'hydrocarbures du groupe - le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a estimé que «c'est l'ensemble des capacités de Daech (acronyme arabe de  l'Etat islamique) que nous devons viser».

Les messages de solidariré et de soutien continuent d'affluer du monde entier. Les chefs d'État et de gouvernement du G20 réunis à Antalya en Turquie préparent une déclaration.

En Israël, le ministre de la Défense, Moshé Yaalon, a appelé l'Europe à voter des lois «permettant une lutte plus efficace contre le terrorisme», jugeant que la «balance» penchait trop «en faveur des droits de l'Homme» au détriment de la sécurité.

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