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Des musulmans appellent à la tolérance

Anne-Marie Provost |  Agence QMI

Des groupes musulmans appellent à la tolérance et affirment que les récents attentats à Paris ne doivent pas mener à une escalade de la violence.

«Si tu es contre le Coran, viens discuter avec nous, ne fais pas des gestes violents», lance Mehmet Deger, président de la Mosquée Dorval.

Ouverte en 1990 à Dorval, celle-ci a été la cible huit fois de vandalisme depuis 2008. Des vandales ont peint des symboles qui laissent entendre que l’islam n’est pas pacifique et à une reprise, des boules d’aciers ont fracassé les vitres et la porte a été défoncée.

«Il faut faire la distinction entre musulmans et extrémistes. Aucune religion ne dit à ses adhérents de tuer ou de se faire sauter. C’est du lavage de cerveau», martèle Mehmet Deger. Il en est même venu à installer plusieurs caméras de surveillance pour identifier les vandales. Il n’y a pas eu d’actes de vandalisme après les attentats de vendredi.

Travail d’éducation

Selon lui, un travail d’éducation est à faire auprès de ceux qui commettent ce genre de geste, tout comme auprès de ceux tentés par les idées du groupe État islamique.

Il affirme que ceux qui font des attentats ont une mauvaise compréhension de l’islam et selon lui, la mosquée doit identifier ceux qui ont des pensées plus radicales. Mais il croit plus au dialogue qu’à la dénonciation immédiate aux forces de l’ordre.

«Nous sommes un centre d’éducation. Il faut changer ce que la personne pense», affirme Mehmet Deger.

«Il faut les trouver et leur dire la réalité en Syrie. C’est la guerre, c’est l’enfer et il y a beaucoup de dangers», ajoute-t-il.

Il pense également qu’il faut éviter les amalgames et affirme qu’il faut aider les 25 000 réfugiés qui doivent arriver au Canada. Sa mosquée récolte présentement des dons de vêtements d’hiver, qui sont entreposés au sous-sol.

De son côté, l'Association des projets charitables islamiques dénonce vertement les attentats et on estime que la réplique militaire ne doit pas être le moyen prioritaire pour régler le problème.

«Les solutions militaires font partie d’un grand nombre de solutions et ne devraient pas être faites en premier, car des personnes innocentes peuvent mourir. Il doit y avoir une réponse internationale. Le premier travail à faire reste l’éducation et attaquer le mal à sa racine», affirme Jalal Boushaba.

Selon lui, le groupe État islamique a intérêt à maintenir une tension violente pour recruter plus de membres.