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L'Université du Québec à Chicoutimi soutient les étudiants français

Agence QMI

L’onde de choc des attentats de Paris continue d'être ressentie par des centaines d'étudiants français à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

L’UQAC a voulu leur apporter un peu de réconfort, lundi. «C'est important que l'on soit ensemble, et de se dire que l'on n'est pas seul», a affirmé Dominic Bizot, professeur d’origine française qui enseigne en travail social à l’UQAC.

C'est d’ailleurs lui que l’on a chargé de parler avec les étudiants. «Aujourd'hui, je me sens d'abord et avant tout comme un être humain. Oui, Français d'origine mais blessé. À se retrouver ensemble pour s'apaiser plutôt que de se laisser aller à des excès. On a peur et on va avoir peur encore longtemps. On est en train de nous expliquer qu'il va falloir s'habituer à vivre avec la peur. Alors, je pense que par rapport à cela, il faut qu'on prenne tout de suite le pli de se tenir debout», a-t-il insisté.

Trois travailleurs sociaux ont aussi été envoyés en renfort aux Services aux étudiants. Des liaisons Skype sont également disponibles pour permettre aux personnes qui le désirent de parler avec leurs proches en France.

«On veut absolument que les jeunes Français, nos jeunes parisiens, nos jeunes étudiants sentent qu'ils ne sont pas seuls», a expliqué Gina Gagnon, directrice aux Services aux étudiants.

Le Mouvement des associations étudiantes a aussi participé à la mise en place de ces mesures d’aide.

Ce souci d’apporter du réconfort est apprécié par Fabien Le Strat, étudiant en administration. «On se dit qu'on n’est pas seul. On n'est pas laissé dans la nature avec notre peine. Si on veut aller parler, il y a une cellule pour être écouté», a-t-il dit.

Julien Bousquet, lui, enseigne à l’UQAC depuis douze ans. Il a senti le besoin de s’exprimer dans la communauté universitaire. «Les gens ont besoin d'en parler. Moi, je vais au café aujourd'hui. On se retrouve à trois ou quatre. On a parlé de ce qui s'est passé à Paris. Je suis Français à l'origine, alors, j'ai peut-être l'impression d'être plus Français depuis quelques jours.»

Pour la suite des choses, la réponse française de bombarder des cibles en Syrie, 48 heures plus tard, fait toutefois réfléchir le professeur Bizot.

«Je répondrais spontanément que ce n'était sûrement pas la meilleure solution. Maintenant, quelle est la meilleure solution? On va devoir travailler fort pour trouver des solutions. Elles seront diplomatiques, elles seront politiques. Je ne suis pas sûr qu'elles soient militaires», a-t-il dit.

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