/finance/finance

Les demandes d’aide alimentaire d’urgence ne cessent d’augmenter

Argent et Agence QMI

 - Argent

Le nombre de demandes d’aide alimentaire au Québec a augmenté de 5,9 % cette année par rapport à 2014, et les bénéficiaires ne sont pas tous au chômage : en mars dernier, plus de 10 % des personnes qui ont cogné à la porte des banques alimentaires occupaient un emploi et 6,9 % étaient propriétaires de leur résidence.

Depuis 2008, l’augmentation de la demande d’aide alimentaire a grimpé d’environ 28 %, selon les plus récentes données des organismes Banques alimentaires Canada et Banques alimentaires du Québec compilées dans l’enquête annuelle Bilan-Faim.

En 2008, en pleine récession, les banques alimentaires du Québec ont fourni de l’aide à 127 356 personnes. En mars dernier, 163 152 Québécois ont reçu des denrées.

Dans un mois typique, les banques alimentaires québécoises répondent à 1,7 million de demandes d’aide alimentaire, ce qui représente 342 987 paniers de provisions distribués à des individus ou des familles.

« Les demandes augmentent sans cesse, mais nous avons toujours un manque de denrées sans compter le manque de fonds pour récolter plus de dons en nourriture.  Les enfants et les aînés, parmi les plus vulnérables de la société, sont de ceux qui sont le plus touchés par la faim au Québec », affirme Zakary O. Rhissa, directeur général des Banques alimentaires du Québec.

Travailleurs et propriétaires trop pauvres

La majorité (61 %) des utilisateurs vivent de l’aide sociale, mais 10,5 % sont en emploi et près de 7 % des propriétaires fonciers.

Plus de 7 % empochent une pension et 4,8 % des prestations d’assurance-emploi.

Plus du quart (25,5 %) des demandes proviennent d'immigrants ou de réfugiés, en hausse de près de 3 % comparativement à l'an dernier.

Les célibataires représentent 45,4 % des individus qui ont recours aux banques alimentaires, les familles monoparentales 21,7 %, les familles biparentales 21,8 % et les couples sans enfants 11,1 %.

Sur le total, 36 % des bénéficiaires au Québec étaient des enfants et 5,2 %, des personnes âgées.

L’Alberta durement touchée

À l’échelle du Canada, 852 137 personnes ont reçu de la nourriture d’une banque alimentaire en mars dernier.

L’Alberta a été la province la plus affectée, le taux de chômage ayant augmenté de 10 % entre mars 2014 et 2015 avec la chute du prix du pétrole.

Selon Banques alimentaires Canada, « les prestations de revenu gouvernementales ne suffisent pas à venir en aide aux particuliers et aux familles qui éprouvent des difficultés », trop de travailleurs vivent dans la pauvreté et ne parviennent pas à se loger à coût abordable.

Pour renverser la vapeur, le rapport Bilan-Faim demande au gouvernement fédéral, aux gouvernements provinciaux et territoriaux de créer un revenu de base pour remplacer les programmes provinciaux d’aide sociale, d’augmenter le nombre de logements abordables, d’améliorer les mesures de soutien à emploi ainsi que de réduire le coût des aliments dans les régions les plus nordiques et isolées du pays.