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Le secteur du luxe retient son souffle

Reuters

Les professionnels du tourisme et du luxe abordent avec inquiétude la cruciale période des fêtes de fin d'année. Ils redoutent que les attaques aient un impact à la fois plus massif et plus durable que celles de janvier, contre Charlie Hebdo.

« Il y a 50 % d’annulation dans les établissements de luxe, palaces et cinq étoiles, et entre 35 % et 40 % dans les hôtels entre deux et quatre étoiles », selon l'Union des métiers de l’industrie hôtelière (UMIH).

« Paris est une des villes les plus importantes de la planète en termes de dépenses de luxe », rappelle de son côté Grégoire Laverne, gérant de fonds chez Roche Brune Asset Management.

Le secteur du luxe, qui réalise environ 30 % de ses ventes en fin d'année, traverse déjà une passe difficile en Chine et à Hong Kong, ainsi qu'aux États-Unis pour cause de dollar fort.

Jusqu'ici, les marques de LVMH ou Kering ont été largement sauvées par la baisse de l'euro et par l'afflux massif de touristes chinois venus en Europe pour profiter d'importants écarts de prix avec leur pays.

La France a représenté 6 % des ventes de LVMH en 2014 et 15,6 % de celles d'Hermès.

En 2015, le luxe s'apprête, selon le cabinet Bain & Co, à enregistrer sa plus mauvaise performance depuis la crise de 2008, avec une croissance limitée à seulement 1 % à 2 % à taux de change constants.

Au-delà des secteurs du tourisme et de l'hôtellerie, le ministre de l'Économie comme les représentants des organisations patronales « ont fait le constat partagé qu'il était prématuré à ce stade de mesurer les conséquences économiques » des attentats, a-t-on précisé dans l'entourage d'Emmanuel Macron.

Les économistes se veulent eux aussi très prudents quant aux conséquences macroécomiques des attentats. « On est dans une zone inconnue » a dit Denis Ferrand, directeur général de l'institut de conjoncture Coe-Rexecode, en rappelant toutefois qu'après les attentats de janvier, la croissance française avait nettement rebondi au premier trimestre 2015 à +0,7 %.

« Les attaques étaient alors beaucoup plus ciblées à la différence de celles du 13 novembre, bien plus massives », souligne-t-il toutefois.