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Un échec causé par la maladie mentale, plaide la défense

Michaël Nguyen | Agence QMI

 - Agence QMI

Guy Turcotte est l’exemple parfait d’un échec causé par la maladie mentale, a plaidé la défense mercredi au procès de l’ex-cardiologue pour les meurtres de ses enfants.

«Nous survivons aux tragédies qui parsèment nos vies, mais il y en a qui n’y parviennent pas, a affirmé Me Pierre Poupart à sa deuxième journée de plaidoyer pour la défense. Voici le plus éloquent exemple de quelqu’un qui n’y est pas parvenu, parce qu’il était malade.»

Au cours de ses plaidoiries qu’il qualifie lui-même «d’ultra-marathon», Me Poupart a rappelé aux 11 jurés que tous les experts s’accordent pour dire que Turcotte souffrait de trouble de l’adaptation avec humeur anxieuse et dépressive lorsqu’il a poignardé 46 fois Anne-Sophie et Olivier en février 2009, quelques semaines après l’échec de son mariage. Et même la psychiatre experte de la Couronne était de cet avis, selon lui.

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«Il y a unanimité relativement à la souffrance (de l’accusé)», a soutenu Me Poupart, tout en rappelant que son client était «un bon papa qui aurait voulu être un bon mari, et un maudit bon médecin».

Méthanol

L’avocat de la défense s’est également attardé à la consommation de méthanol de son client, le soir du drame. Selon son propre témoignage, Turcotte a dit se rappeler avoir bu du lave-glace (qui contient cette substance), avant et après la mort des petits de trois et cinq ans.

Le soir du drame, l’accusé avait également consulté des courriels entre sa femme et l’homme avec qui elle avait une relation, ainsi que des sites internet sur le suicide, entre autres au méthanol.

Or, si la trame factuelle est impossible à reconstituer à cause des trous de mémoires de l’accusé, personne ne peut dire que l’accusé aurait tué ses enfants avant de boire du lave-glace pour se suicider et de consulter son ordinateur, croit Me Poupart.

«Il n’y a pas de sang au rez-de-chaussée, c’est invraisemblable qu’il ait tué ses enfants, et qu’il redescende consulter son ordinateur, a plaidé la défense. Ça ne marche pas.»

Et le fait qu’un cardiologue qui sait comment mourir ait consommé du méthanol pour se suicider est évocateur de sa détresse, a ajouté la défense.

«Il sait comment mourir, a plaidé Me Poupart. Justement, c’est le réflexe de quelqu’un de complètement désemparé qui était atteint d’une maladie mentale (...) qui a engendré ce qu’il s’est passé par la suite.»

Les plaidoiries devaient se poursuivre mercredi après-midi, au palais de justice de Saint-Jérôme.

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