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Abaaoud tué dans l'assaut de Saint-Denis

Agence France-Presse

Le cerveau présumé des attentats de Paris, le jihadiste belge Abdelhamid Abaaoud, a été tué dans l'assaut policier mené mercredi en banlieue parisienne, a annoncé jeudi la justice française.

Son corps, «criblé de balles» durant l'assaut, a été «formellement identifié», selon un communiqué du procureur François Molins, en charge de l'enquête.

Mercredi, un assaut policier de grande ampleur avait été lancé contre un appartement de Saint-Denis, à la périphérie nord de Paris, à la suite d'un témoignage indiquant qu'Abdelhamid Abaaoud, présumé être en Syrie, se trouvait en fait en France.

Surnommé Abou Omar al-Baljiki («le Belge» en arabe), ce jihadiste de 28 ans activement recherché était une des figures francophones de l'État islamique (EI), l'organisation qui a revendiqué les pires attentats jamais commis en France qui ont fait 129 morts et 352 blessés.

Le jihadiste belge Abdelhamid Abaaoud

REUTERS

Petit délinquant radicalisé parti combattre en Syrie en 2013, Abaaoud s'était illustré fin 2014 par un aller-retour express en Europe à la barbe des services de renseignements, pour y préparer des attentats finalement déjoués.

Son nom avait été évoqué par les services de renseignement américains dans un rapport en mai, qui mettait en garde contre une possible attaque structurée de l'EI en Europe.

Son sort restait jusqu'à présent incertain, alors que les corps déchiquetés des deux personnes tuées dans l'assaut de Saint-Denis étaient en cours d'identification.

Huit personnes ont par ailleurs été arrêtées au cours de l'opération, dont les identités n'ont pas été encore divulguées.

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«Abaaoud, le cerveau de ces attentats - l'un des cerveaux, car il faut être particulièrement prudent et nous savons les menaces - se trouvait parmi les morts», a déclaré jeudi le premier ministre Manuel Valls aux députés.

Mercredi, le procureur l'avait présenté comme «l'instigateur» présumé «de nombreux projets d'attentats ou attentats terroristes en Europe pour le compte» de l'EI.

Après l'identification de Abaaoud, les enquêteurs s'attachent à identifier les restes de la deuxième personne retrouvée morte dans l'appartement de Saint-Denis. Les policiers qui sont intervenus pensent qu'il s'agit d'une femme ayant déclenché son gilet d'explosifs.

La traque se poursuit par ailleurs contre Salah Abdeslam, 26 ans, un autre suspect clé, membre présumé du groupe qui a mitraillé le 13 novembre les terrasses de cafés et restaurants parisiens, avec son frère Brahim Abdeslam qui s'est fait exploser.

Il est activement recherché après sa fuite samedi de Paris. Deux complices présumés de cette fuite ont été arrêtés à Bruxelles et inculpés pour «attentat terroriste». Un autre jihadiste, non identifié, serait peut-être aussi en cavale.

Côté belge, six perquisitions ont été lancées jeudi dans la région de Bruxelles dans l'«entourage direct» de Bilal Hadfi, 20 ans, l'un des kamikazes de Paris.

L'annonce de la mort d'Abaaoud «le Belge» intervient dans un contexte tendu, avec le vote jeudi à l'assemblée de la prolongation de l'état d'urgence, «réponse rapide d'une démocratie face à la barbarie», selon le premier ministre.

Devant un hémicycle quasi comble, Manuel Valls a évoqué le risque d'attentat à l'«arme chimique ou bactériologique», alors que le gouvernement a autorisé la pharmacie des armées à distribuer un antidote aux armes bactériologiques à des services d'urgence civils en France.

«Le risque n'est pas exclu», a commenté, sur une radio, un ancien officier supérieur des services de renseignement, Alain Rodier. Toutefois, ce type de produits (sarin ou ypérite) est «d'un emploi extrêmement difficile, beaucoup moins efficace qu'on peut le croire», a-t-il expliqué.

«Le premier ministre évoque une hypothèse pour l'avenir», a précisé par la suite à l'AFP un proche du premier ministre. «Les spécialistes du Proche-Orient savent que Daech (acronyme arabe de l'État islamique) cherche et utilise des armes chimiques. Ne pas envisager cette hypothèse serait une faute», a-t-on fait valoir de même source.

Le texte voté jeudi à l'Assemblée qui prolonge et renforce l'état d'urgence jusqu'à février, élargit également la marge de manoeuvre des forces de l'ordre pour des assignations à résidence, pour une extension des gardes à vue liées à des présomptions de terrorisme, et en matière de perquisitions.

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