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Les initiatives pour l’accueil de réfugiés syriens se multiplient

Marie-Christine Bouillon | TVA Nouvelles

Plusieurs Québécois sensibles à la situation des réfugiés syriens qui doivent arriver au Canada dans les prochaines semaines multiplient les initiatives visant à leur souhaiter la bienvenue.

L’idée de l’auteure et comédienne Danielle Létourneau, mieux connue sous le nom de Zoomba, qui consiste à tricoter 25 000 tuques pour les 25 000 réfugiés syriens fait des petits. Lancé sur Facebook cette semaine, le projet rassemble de plus en plus de participants, dont un commerçant de la Place Versailles.

À défaut de savoir manier les broches, le propriétaire de cette boutique Singer à Montréal, Christian Siriakos, a choisi d’offrir la laine à une équipe de tricoteuses bénévoles qui s’activaient déjà samedi matin.

«En tant que Québécois et fils d’immigrant syrien, je pense que c’est une façon pour nous d’aider cette nation-là, de les accueillir avec beaucoup d’amour au Québec et de leur montrer qu’on est chaleureux en leur tricotant des tuques et des foulards pour les tenir au chaud cet hiver», croit-il.

Même si l’accueil des réfugiés syriens est loin de faire l’unanimité, les initiatives comme celle de Danielle Létourneau sont de plus en plus nombreuses, ce qui réjouit cette dernière qui ne s’attendait pas à créer un mouvement aussi important.

«Ça me dit qu’il y a des Québécois de partout qui ont le sens de l’accueil, de la tolérance et de l’amour. Et là, j’ai l’impression d’être chez nous», lance Mme Létourneau, qui avoue avoir eu cette idée après avoir lu plusieurs commentaires haineux envers ces futurs immigrants.

«Je suis tellement reconnaissante que les gens s’impliquent à ce point. Tout le monde est autonome, me propose des idées. Ça veut dire qu’au Québec, on est prêt à accueillir du monde», ajoute-t-elle, spécifiant qu'un site internet était également en construction.

En plus du musée de la Civilisation à Québec qui a offert de recueillir les tuques tricotées à la main pour en faire un sapin de Noël géant, voilà que le musée McCord à Montréal a aussi proposé d’être l’un des points de chute de ces douillets bonnets.

Si vous désirez vous joindre à cette corvée de tricot ou pour avoir plus de détails, consultez la page Facebook «25 000 tuques».

Les organismes veulent être sollicités par Ottawa

Il y a plusieurs organismes à Montréal, entre autres, qui contribuent déjà mais qui demandent d'en faire plus.

 Un des plus importants organismes de parrainage de réfugiés syriens au pays se trouve dans une église d'Outremont, et il voudrait bien offrir ses services. Personne ne l'a sollicité.

 «Ça me pose des questions sur le degré, peut-être, de... lien, ou de préparation, ou de recherche qui a été faite. Parce que, comme je vous le dis, et je l'ai dit, je ne prétends pas posséder la vérité dans ça, mais je pense que nous avons développé une petite expertise qui peut être très utile» dit Nayiri Tavilan,président de l'organisme Hay Doun.
 

Même avis du côté du Conseil syro-canadien de Montréal. «C'est pas très clair, le plan. On sait que ça va être 25 000. Généralement, le Québec prend 25%, donc on doit s'attendre à 5 700 à être installés au Québec». lance  Faisal Alazem,  le directeur.

 Quand les premiers réfugiés syriens arriveront-ils au Canada? Combien l'opération va-t-elle coûter? Quels établissements vont les accueillir? Les organismes d'ici ont encore bien des questions sans réponses. Mais le gouvernement fédéral devrait donner des détails là-dessus ce mardi.

 

- Avec la collaboration de Marie-Laurence Delainey