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16 arrestations, Salah Abdeslam toujours en fuite

Aurélie Mayembo et Alix Rijckaert | Agence France-Presse

Un vaste coup de filet en Belgique n'a pas permis dimanche soir de mettre la main sur Salah Abdeslam, un suspect qui a joué un rôle clé dans les attaques de Paris et reste introuvable depuis, mais 16 suspects ont été interpellés, notamment à Bruxelles, qui va rester lundi en état d'alerte maximum.

«Le nommé Salah Abdeslam n'a pas été intercepté lors des perquisitions» conduites dans six communes de l'agglomération bruxelloise et à Charleroi (sud de la Belgique), a annoncé le parquet fédéral lors d'une conférence de presse dans la nuit de dimanche à lundi.

Dans un Bruxelles barricadé, et quasiment à l'arrêt face à une menace d'attentat «sérieuse et imminente», la police a procédé à 19 perquisitions. «Ni arme, ni explosifs n'ont été découverts», mais la police a mis la main sur 16 personnes, dont le sort sera connu lundi.

Parmi elles, lors d'une descente dans un snack-bar de Molenbeek-Saint-Jean, réputé fief jihadiste, un individu a été blessé par des policiers qui ont tiré lorsqu'il a dirigé sa voiture dans leur direction, selon le parquet. L'homme a été arrêté, mais il est impossible à ce stade de dire s'il y a un lien entre cet incident et l'enquête antiterroriste en cours.

En milieu de nuit, les communes de Molenbeek et Schaerbeek, où se sont notamment déroulées les opérations, avaient retrouvé leur calme, ont constaté des journalistes de l'AFP.

La circulation était extrêmement faible: seuls quelques voitures, des taxis et des véhicules de police et de l'armée étaient visibles. Les passants se faisaient très rares.

L'armée et la police restaient toutefois sur le qui-vive devant des lieux stratégiques comme la Grand-Place, la résidence de fonction du premier ministre ou encore son bureau.

La justice belge a tenu à remercier les médias et les utilisateurs de réseaux sociaux pour ne pas avoir diffusé d'informations sur le déroulement et la configuration des lieux, et s'être abstenus de filmer en direct les opérations en cours.

Malgré cette accélération de l'enquête, Salah Abdeslam s'est évaporé dans la nature.

Ce Français de 26 ans, résidant en Belgique, a au moins joué un rôle de logisticien dans les attentats de Paris qui ont fait 130 morts. Son frère Brahim s'est fait exploser dans un restaurant parisien le 13 novembre.

«Ennemi public numéro un» pour la presse belge, il aurait été exfiltré vers la Belgique quelques heures après les attentats de Paris, selon deux hommes qui disent l'avoir aidé. Selon l'avocate de l'un d'entre eux, il était «peut-être prêt à se faire sauter» lors du trajet.

Pour son frère aîné Mohamed, interviewé dimanche à la télévision, Salah a dû décider «de ne pas aller au bout de ce qu'il souhaitait faire (...), c'est ma conviction», a-t-il affirmé, tout en appelant son frère à se rendre.

Lundi, la capitale de l'Europe sera encore en «alerte maximale», avec métros et écoles fermés, une situation inédite dans la capitale de l'Europe où la menace d'attentat est jugée «sérieuse et imminente».

Les autorités ont décidé dimanche de maintenir le niveau d'alerte à son maximum dans la région bruxelloise (1,2 million d'habitants) et de maintenir la fermeture du métro. Les écoles seront fermées, ainsi que les crèches, les universités et les hautes écoles.

Du jamais vu dans le royaume. Une nouvelle évaluation du niveau d'alerte et des mesures de sécurité sera faite dans l'après-midi.

«Ce que nous redoutons, ce sont des attaques similaires à Paris, avec plusieurs individus, avec des offensives à plusieurs endroits» avec pour cibles potentielles «des endroits très fréquentés», a précisé, le ton grave, le premier ministre Charles Michel.

Samedi, il avait déjà évoqué ces risques et pris des mesures drastiques qui ont transformé Bruxelles en ville morte tout au long du week-end.

La police française a de son côté diffusé un appel à témoin, assorti d'une photo, pour identifier le troisième kamikaze des abords du Stade de France. Cet homme est passé par l'île grecque de Leros, en même temps qu'un autre kamikaze du Stade de France, qui reste non identifié.

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Jusqu'ici, seul l'un des trois auteurs des attaques-suicide près du stade a été identifié: il s'agit de Bilal Hadfi, un Français de 20 ans qui résidait en Belgique.

En Belgique, un troisième suspect arrêté a été inculpé en fin de semaine pour terrorisme. Des armes ont été trouvées à son domicile, mais pas d'explosifs.

L'enquête se poursuit également en Turquie, où un Belge d'origine marocaine - Ahmad Dahmani, 26 ans - soupçonné d'avoir aidé à repérer des cibles pour les attentats à Paris, a été arrêté.

Dans ce climat, le président américain Barack Obama a rappelé qu'il se rendrait à la grande conférence sur le climat à Paris (COP 21), qui débute le 30 novembre, appelant les dirigeants de tous les pays à faire de même pour montrer que le monde n'a pas peur des «terroristes».

Sur le plan diplomatique, le président François Hollande entame lundi un marathon pour forger une vaste coalition contre l'EI, qui a revendiqué les attentats.

Il recevra à l'Élysée lundi le premier ministre britannique David Cameron, avant de s'entretenir avec M. Obama mardi à Washington, avec la chancelière allemande Angela Merkel mercredi à Paris puis avec le président russe Vladimir Poutine jeudi à Moscou.

Sur le terrain militaire, le porte-avions français Charles de Gaulle a terminé dimanche ses exercices d'entraînement en Méditerranée orientale, avant d'engager ses chasseurs, potentiellement dès lundi, contre l'EI en Syrie et en Irak.

La France, traumatisée, va rendre hommage à ses morts cette semaine, avec les premiers enterrements qui devraient avoir lieu lundi, avant un hommage national vendredi.