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Quatrième journée de plaidoiries pour la défense

Guy Turcotte n’a pas simulé ses pleurs lorsqu’il a témoigné devant le jury, a assuré son avocat à son quatrième jour de plaidoiries au procès de l’ex-cardiologue pour les meurtres de ses enfants.

«Les pleurs émanent du fond de sa souffrance, c’est tout sauf un jeu pour vous émouvoir», a lancé Me Pierre Poupart aux 11 jurés qui ont le sort de l’accusé entre leurs mains.

Tout au long de la journée, lundi, l’avocat a insisté sur toute la douleur que vivait Turcotte, dans les semaines précédant la mort violente d’Anne-Sophie et d’Olivier en février 2009. Il avait découvert que sa femme le trompait, il devait déménager et il voyait moins ses enfants, a entre autres rappelé Me Poupart.

«C’est quelqu’un écrasé par la douleur et qui pleure toutes les larmes de son cœur lorsqu’il la raconte, a poursuivi l’avocat. Il est touché par ce qu’il a vécu, il pleure comme si c’est impossible de faire le deuil complet. Vous ne devriez jamais l’oublier.»

Souffrances

Me Poupart a également tenté de dissiper tout doute sur la sincérité de son client, qui affirme ne se rappeler que de «flashs» du soir où il a poignardé 46 fois ses enfants de 3 et 5 ans, dont le moment où il a poignardé Olivier.

«Il aurait sélectionné ce qu’il y a de plus incriminant, c’est une absurdité», a plaidé Me Poupart.

C’est donc à cause de la maladie mentale – un trouble de l’adaptation — que l’ex-cardiologue a tué ses enfants, selon la défense qui vise un verdict de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux.

«Il était vidé, et pas juste en 2009, a plaidé Me Poupart. M. Turcotte le dit, il est découragé par les chicanes (avec son ex-femme Isabelle Gaston).»

Lors de son témoignage, Turcotte avait dit avoir déjà pensé au suicide. Mais s’il n’était pas passé à l’acte, c’était «pour ne pas faire ça à (ses) enfants», a rappelé l’avocat ce lundi.

Mais chaque stresseur de Turcotte a fini par faire son chemin dans la tête de l’accusé, selon Me Poupart.

«Les blessures se sont transformées en une plaie béante psychique», a poursuivi l’avocat.

Les plaidoiries de la défense se poursuivront pour une cinquième journée ce mardi, au palais de justice de Saint-Jérôme. Vers la fin de la journée, le juge André Vincent a rappelé, devant le jury, que la défense avait annoncé qu’elle en aurait fini jeudi dernier.

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