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Une semaine d'obsèques en France

Agence France-Presse

Dix jours après les attentats de Paris, les victimes françaises, originaires de tout le pays, ont commencé à être inhumées lors de cérémonies qui doivent se poursuivre toute la semaine jusqu'à un hommage solennel de la nation vendredi.

Au total, 29 villes sont concernées par un deuil.

Ils avaient pour la plupart autour de 20 ou 30 ans, et sont tombés sous les balles des jihadistes dans la salle de spectacles du Bataclan, au bar la Belle Équipe ou au restaurant le Petit Cambodge.

Sur le bilan total de 130 morts, vingt-cinq personnes sont de nationalité étrangère ou binationale.

Les proches des victimes françaises ont multiplié les initiatives sur les réseaux sociaux pour personnaliser leurs adieux.

La famille d'Aurélie de Peretti, 33 ans, a ainsi lancé un appel pour décorer le cercueil de cette fan de rock. «Mercredi, la famille d'Aurélie s'est rendue aux pompes funèbres et a découvert avec horreur les cercueils sans âme du catalogue. On ne peut pas laisser Aurélie partir comme ça!», a expliqué Patricia, une amie de la famille, au journal en ligne Huffington Post. Plusieurs artistes de rue ont depuis proposé leurs compétences.

Matthieu Mauduit, frère de Cédric également tué au Bataclan, avait demandé aux Rolling Stones d'assister aux obsèques de leur fan. Le groupe rock a décliné l'invitation, mais adressé par courriel leurs «plus sincères condoléances» au frère endeuillé.

En province, certaines villes se sentent particulièrement touchées par des décès.

À Blois, plus d'un millier de personnes ont assisté lundi matin aux obsèques poignantes d'Anna et Marion Pétard, 27 et 24 ans, deux soeurs tuées alors qu'elles dînaient ensemble au Petit Cambodge.

«Dans notre pays, inutile de le cacher, nous avons peur», a dit l'évêque de la ville, Jean-Pierre Batut, dans son homélie, en assurant que «le pire qui puisse arriver, c'est de perdre son âme». «Où était leur âme? Qui la leur avait prise?», a-t-il poursuivi au sujet des auteurs des attentats.

La veille, près de 3.000 personnes avaient défilé en Bretagne, dans le port de Concarneau, pour rendre hommage à Estelle Rouat, 25 ans, originaire de la commune et tuée au Bataclan.

En tête de cortège, des cousins portaient une grande photo de la jeune femme, souriante.

«Voir autant de monde, ça prouve que la vie continue, et qu'il faut se battre, il ne faut pas laisser la barbarie gagner, il faut continuer à vivre, que l'on sorte, que l'on continue à écouter de la musique», a déclaré un oncle d'Estelle, initiateur de ce rassemblement où ont résonné quelques notes de musique bretonne.

Un hommage national aux victimes des attentats du 13 novembre sera rendu vendredi à Paris, en présence du président français François Hollande. Des blessés pourraient y assister, selon la radio Europe 1. Les attentats ont fait environ 350 blessés, dont plusieurs dizaines graves.

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