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Ken Pereira aurait voulu un rapport plus mordant

TVA Nouvelles

L’ex-syndicaliste Ken Pereira, qui a mis la FTQ-Construction dans l’embarras à la suite de ses révélations à la commission Charbonneau, aurait souhaité que le rapport final des commissaires aille plus loin dans ses blâmes et ses recommandations.

«Je suis un peu déchiré, a-t-il dit en entrevue à Pierre Bruneau au TVA Nouvelles de 17 heures. Je sais que le rapport, c’est pour exprimer ce qui se passe dans l’industrie, démontrer les faiblesses et essayer d’amener certaines affaires, mais en même temps, j’aurais aimé qu’on frappe un peu plus fort sur certains individus.»

Ken Pereira aurait notamment voulu que les gens qui ont aidé Jocelyn Dupuis dans son stratagème de fausse facturation au sein du syndicat soient eux aussi sermonnés dans les conclusions du rapport.

«La FTQ-Construction, il faut qu’elle soit écorchée, a-t-il martelé. Ceux qui sont en place aujourd’hui, ils ont aidé monsieur Jocelyn Dupuis. C’est difficile pour moi aujourd’hui de prendre ça, avec toutes les preuves que je leur ai données, d’accepter le rapport sans qu’ils ne soient écorchés.»

Peu de changements dans l’industrie

Malgré tous les témoignages qui ont été entendus au cours des 261 jours d’audience de la commission, l’ex-syndicaliste croit que les choses n’ont pas vraiment changé dans l’industrie de la construction.

«Il y a un gros copinage en ce moment dans l’industrie de la construction entre les patrons et les syndicats, a-t-il soutenu. On est très proche, ce qui fait en sorte qu’on développe des conflits d’intérêts.»

«J’aurais aimé qu’on frappe un peu plus fort sur certains individus.»

Ken Pereira

ex-syndicaliste de la FTQ-Construction

Il prétend que la situation est notamment attribuable à l’inaction des syndicats. «Demain, je peux aller sur n’importe quel chantier et trouver des gars qui travaillent au noir, des entrepreneurs qui paient au noir, a-t-il soutenu.  Et à la CCQ, la FTQ, l’ACQ, tout le monde sait ce qui se passe et personne ne fait rien.»

M. Pereira s’explique mal pourquoi les grands syndicats tolèrent cette situation. «Est-ce qu’il y a un pot-de-vin qui se donne quelque part? Pourquoi tu fermes tes yeux? Ça n’a aucun sens! Dans le résidentiel en ce moment, il y a au moins 40% des entrepreneurs qui travaillent au noir. C’est énorme!»

Malgré tout, il espère que sa contribution et son témoignage a pu aider les commissaires dans leur travail.

«La commission a mis une lumière sur une place qui était vraiment noire, a-t-il expliqué. Moi, j’étais peut-être une bougie.»

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