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La défense justifie la longueur de ses plaidoiries

Michaël Nguyen | Agence QMI

L’avocat de Guy Turcotte a justifié ses plaidoiries-fleuves mardi, alors qu'il entamait sa cinquième journée à plaider devant le jury au palais de justice de Saint-Jérôme.

«Pardonnez-moi ma longueur, mais on décide de la vie d'un être humain», a lancé Me Pierre Poupart mardi matin au procès de l'ex-cardiologue accusé des meurtres de ses enfants.

Me Poupart, qui avait annoncé qu'il en aurait fini jeudi dernier, est à la barre pour la cinquième journée afin de convaincre les jurés de la non-responsabilité criminelle de son client de 43 ans.

Et il a affirmé qu'il ne voulait pas finir en se disant qu'il a manqué des détails, étant donné qu'il s'agit de sa dernière chance de s'adresser aux 11 citoyens qui devront décider du sort de l'ex-cardiologue.

«Je vous laisse le temps (de plaider), mais vous n'avez pas besoin d'expliquer au jury pourquoi vous prenez ce temps», a toutefois répliqué le juge André Vincent qui semble montrer par moment des signes d'impatience.

Psychiatres sous la loupe

En début de matinée, Me Poupart a repris les témoignages des psychiatres ayant témoigné au procès, tout en entrecoupant ses plaidoiries en rappelant que Turcotte était un bon père.

Deux psychiatres traitants ont par exemple affirmé que Turcotte était malade lorsqu'ils l'ont rencontré après le drame du 20 février 2009 où Turcotte avait poignardé à 46 reprises Anne-Sophie et Olivier, âgés de 3 et 5 ans. Quelques semaines plus tôt, Turcotte avait appris que son ex-femme le trompait, et il venait de se séparer.

«Les failles dans son cerveau sont devenues un terreau fertile pour développer sa maladie», a rappelé Me Poupart.

Tous les psychiatres ont en effet affirmé que Turcotte souffrait de trouble d’adaptation avec humeur anxieuse et dépressive, bien que les experts de la Couronne et de la défense ne soient pas unanimes sur le degré de conscience de l'accusé au moment du drame.

Tentative de suicide

Me Poupart a également abordé la tentative de suicide de Turcotte qui a bu du lave-glace le soir de la tragédie.

«Ce n'est pas une maladie mentale en soi, mais c'est relié comme un symptôme du trouble d'adaptation», a plaidé l'avocat.

D’ailleurs, selon une des psychiatres de la défense, Turcotte les aurait tués pour «les emmener avec lui» et ainsi leur éviter la souffrance de les voir morts. Le geste cause la mort, certes, mais le but n’était pas de tuer, avait témoigné cette experte pour qui cela démontre une mauvaise logique tendant à démontrer la non-responsabilité criminelle de l’accusé.

Et même si la chronologie des événements le soir fatidique est inconnue (Turcotte dit n'avoir que des «flashs» en souvenir), Me Poupart a affirmé que tout indique que son client a bu du lave-glace avant de tuer ses enfants. Un appel de Turcotte à sa mère, qui a duré une heure environ, s'est déroulé avant le drame, a ajouté le plaideur.

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