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Le gouvernement pourrait toucher 1 milliard de plus

Michel Morin | TVA Nouvelles

Le marché du carbone pourrait rapporter d’ici 2021, 1 milliard $ de plus au gouvernement du Québec.

Officiellement le gouvernement soutient toujours, y compris dans ses messages publicitaires à la radio, que le marché du carbone pourra générer seulement 3,3 milliards $ en nouveaux revenus pour le Fonds vert. Mais selon une analyse de l’Institut économique de Montréal obtenue par notre Bureau d’enquête, c’est plutôt 4,4 milliards $ en nouveaux revenus qui seraient générés par le marché du carbone auquel participent le Québec et la Californie.

«On s’aperçoit que le gouvernement avait probablement sous-évalué les revenus du marché du carbone. En fait, le gouvernement ne semble pas savoir combien de revenus seront générés par le marché du carbone ni comment ces sommes seront dépensées par le Fonds vert» a déclaré à notre Bureau d’enquête Youri Chassin économiste à l’institut économique de Montréal.

Toujours plus de revenus.

Avec les dernières enchères du 17 novembre dévoilées hier, Québec a touché depuis le début de l’année 830 millions $ pour le marché du carbone. À la pompe cela signifie qu’à Montréal, les consommateurs pour un prix de 1,11$ le litre d’essence ordinaire, paient 47 cents en taxes, et 4 cents pour le marché du carbone, ce qui porte à plus de 50 cents le litre les montants perçus par les gouvernements.

«Le gouvernement du Québec profite de la faiblesse du dollar canadien et de la vigueur de l’économie de la Californie», estime Yves Legault de National Ecocredit, un spécialiste du marché du carbone. «Le grand perdant, c’est le consommateur qui paie 4 sous le litre actuellement et qui va payer, six sous prochainement».

Youri Chassin partage également cette façon de voir. «Avec une inflation de 1%, et sachant que le prix plancher de la tonne de carbone sera augmenté progressivement de 5% au cours des cinq prochaines années, les revenus du gouvernement du Québec augmenteront de 4,9 milliards $ de 2015 à 2020 inclusivement, plutôt que de 3,3 milliards $.

«Une estimation prudente veut que compte tenu de la diminution du nombre d’unités, le montant soit révisé à la baisse à 4,4 milliards $», estime l’économiste.

Le ministre David Heurtel a refusé de confirmer ou d’infirmer que le marché du carbone pourrait rapporter encore davantage au gouvernement, au cours des prochaines années.

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