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Quelle langue pour les réfugiés syriens?

Geneviève Lajoie | Agence QMI

Au lendemain du dévoilement du plan d'action pour l'accueil des réfugiés syriens au Québec, la question de la francisation revient sur la table.
   

Plusieurs se demandent quelle langue choisiront ces nouveaux arrivants pour s'intégrer dans leur communauté.

Un unilingue anglophone ne peut se trouver un emploi à Montréal, selon la ministre Kathleen Weil.

«Les gens peuvent avoir de la difficulté à trouver un emploi s'ils ne maîtrisent pas le français. On le voit, c'est une barrière si on ne parle pas le français», estime la ministre de l'Immigration.

Interrogée sur la possibilité de travailler uniquement en anglais dans la Métropole, Mme Weil a été catégorique: «Non, honnêtement non. Essayer donc, si vous êtes unilingue anglophone, de trouver un emploi à Montréal!, a-t-elle lancé aux journalistes mercredi, à l'Assemblée nationale. C'est quand notre langue maternelle est autre qu'on comprend à quel point le français est important, c'est essentiel, c'est fondamental.»

Selon elle, c'est pour cette raison que les réfugiés syriens qui fouleront le sol québécois devraient choisir des formations en français, plutôt qu'en anglais.

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Si la Loi 101 force les nouveaux arrivants d'âge primaire et secondaire à fréquenter des établissements francophones, elle ne s'applique toutefois pas à la formation professionnelle aux adultes.

L'accueil des réfugiés syriens risque ainsi de donner lieu à des situations incongrues. Des migrants pourront être formés en anglais pendant que leurs enfants iront à l'école en français.

La ministre de l'Immigration a déclaré mercredi matin qu'il ne faut pas «exclure» les commissions scolaires anglophones de l'effort d'accueil du Québec aux réfugiés syriens.

«Je pense qu'il faut reconnaître que tout le monde veut contribuer à cet effort et que le ministre de l'Éducation et moi-même, nous allons regarder cette question avec eux, notamment au chapitre, peut-être, de la formation professionnelle pour les adultes», a-t-elle précisé, en conférence de presse.

La ministre a fait volte-face en après-midi. Si les migrants syriens de plus de 18 ans ont le loisir de choisir la langue dans laquelle ils veulent être formés, le gouvernement les orientera tout de même vers des services francophones, a convenu la ministre Weil.

«On veut les franciser», a-t-elle insisté.

Sa collègue responsable de la Loi 101, la ministre Hélène David, estime que la formation d'un réfugié syrien en anglais ne nuira pas à son intégration dans la société québécoise.

«On parle d'adultes. La priorité, c'est qu'ils puissent se trouver un travail le plus vite possible, qu'ils puissent être des citoyens qui contribuent à notre société alors de toute façon, quand ils vont contribuer, à notre société, ils vont pouvoir y contribuer et devoir y contribuer en français parce que les choses se passent majoritairement en français», a-t-elle dit.

Le fait que certains réfugiés seront formés en anglais, alors que leurs enfants iront à l'école en français, ne pose pas problème, selon la ministre David.

«On travaille avec la Loi 101 que nous avons, qui prévoit, et c'est vraiment très positif depuis nombre d'années maintenant, les enfants qui sont francisés à leur arrivée dans le système scolaire, ce n'est pas du tout la même situation que de parler d'adultes qui arrivent et qui veulent se trouver un emploi et que dans certaines situations, ils puissent être formés dans la langue anglaise.»

Au moins 3650 Syriens trouveront refuge au Québec d’ici le Jour de l’an. Le gouvernement Couillard promet d’en faire davantage l’an prochain et pourrait porter ce nombre jusqu'à 9350.

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