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Québec

Coupes de 120 M$ dans les garderies

Marc-André Gagnon | Agence QMI

Quitte à mettre à pied des centaines d’éducatrices, le gouvernement Couillard entend assainir la gestion des fonds publics qui sont engloutis chaque année dans les centres de la petite enfance (CPE) et les garderies privées subventionnées.

Plusieurs médias ont rapporté jeudi matin que le ministère de la Famille souhaite revoir le financement du système de garderies en ayant pour référence la «moyenne du tiers performant». C’est-à-dire financer les CPE et les garderies privées en ayant pour modèle ceux qui coûtent le moins cher à l’État.

«La technique est simple: on prend les coûts d'opération les plus bas du côté des garderies à but lucratif et on les impose ensuite à tous les CPE à but pédagogique», a déploré en chambre le chef péquiste, Pierre Karl Péladeau, qui accuse les libéraux de faire du «nivellement par le bas».

Des économies de 120 millions $

Si la méthode préconisée par le gouvernement Couillard permettait de récupérer 120 millions $ l’an prochain, l’opposition officielle craint que l'équivalent de 2800 postes d'éducatrices disparaisse.

«C'est 12 % de ces éducatrices qui travaillent dans nos centres de la petite enfance», estime M. Péladeau, qui considère que le Québec, avec les CPE, est devenu le «paradis des familles».

Sans nier les chiffres rapportés par le chef péquiste, le premier ministre Couillard s’est porté à la défense de la réforme sur laquelle travaille son gouvernement.

«Il parle de nivellement par le bas. Moi, j'y vois plutôt une tentative de rehaussement vers le haut, vers les meilleures pratiques de gestion et de meilleurs rapports entre l'investissement public et la qualité des services obtenus», a répliqué M. Couillard à son vis-à-vis.

«Il faut qu’on se questionne»

Pour la ministre de la Famille, Francine Charbonneau, une remise en question du mode de financement du réseau de garderies subventionnées s’impose.

«On ne peut pas passer à côté du fait qu’il faut se poser des questions sur pourquoi il y a un tiers performant», a-t-elle expliqué lors d’une mêlée de presse, jeudi matin.

«Pourquoi, en ce moment, il y en a qui réussissent très bien et qu’il y en a qui ont de la difficulté? Est-ce que c’est les régions? Est-ce que c’est le nombre qu’on accueille dans les CPE? Est-ce que 80 [enfants], qui équivaut à peu près à 1 million $ par année, ça vient handicaper le fait que quand j’en ai juste 40, je n’y arrive pas? Il faut qu’on se questionne. Je crois que les partenaires peuvent nous guider.»

Le coût annuel du programme de garderies subventionnées au Québec est passé de près de 300 millions $ lors de sa création par Pauline Marois en 1997-1998 à 2,6 milliards $ en 2014-2015, un bond de 767 %.

Coupes de 320 millions?

 La ministre de la Famille, qui se réjouissait en matinée qu’une septième rencontre «avec les partenaires» soit prévue au courant de la journée, se retrouve finalement isolée.

Les principales associations qui représentent les CPE et les garderies privées ont annoncé en après-midi qu’elles se retirent de la table. De plus, elles craignent que les coupes soient beaucoup plus importantes, 320 millions plutôt que 120 millions. 

L'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE), l'Association des garderies privées du Québec (AQPQ), le Conseil québécois des services de garde éducatifs à l'enfance (CQSGÉE) et le Rassemblement des garderies privées du Québec considèrent qu’il s’agit d’un «geste de solidarité sans précédent».
 

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