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Un UBER en alimentation s'attaque aux supermarchés

Denise Proulx

 - Argent

Après les Uber et Airbnb, les consommateurs québécois pourront bientôt avoir accès à Urbery, une application mobile qui permet de faire son épicerie en ligne et de la recevoir  à domicile ou au travail en moins de trois heures.

L’idée, lancée en mai 2015 à Toronto, connaît une popularité qui a même étonné son créateur, Mudit Rawat. Les livreurs ont rapidement pris le titre de « grocery gurus » chez les utilisateurs, car ils savent dénicher les produits commandés aux meilleurs prix et les livrer rapidement. Ils communiquent avec l’acheteur pour lui proposer des alternatives si le produit voulu n’est pas disponible.

Mudit Rawat vise maintenant le marché de Montréal auquel il planifie offrir le service d’achat en ligne et de livraison dès l’été 2016.

« L’application est simple. Vous choisissez en ligne les produits et l’alcool que vous voulez acheter et vous payez directement là où vous avez fait votre achat. Nos meilleurs clients l’utilisent une fois aux dix jours et ils sont si emballés qu’ils nous amènent constamment de la clientèle », explique l’homme d’affaires qui a travaillé auparavant  au développement stratégique de Sobey’s, la seule chaîne canadienne à offrir un service d’épicerie en ligne au Québec, IGA.net.

L’efficacité du service réside dans l’établissement de partenariat avec des boutiques alimentaires, supermarchés et la société des alcools de l’Ontario qui acceptent de recevoir des paiements à distance.

« Aujourd’hui, on peut tout acheter en ligne, alors pourquoi pas son épicerie? Le temps gagné à ne plus courir plaît aux jeunes professionnels, aux familles et même aux personnes âgées», ajoute-t-il.

Walmart est aussi en mode  de livraison à domicile de produits alimentaires au Canada. La multinationale américaine a lancé en octobre dernier un projet-pilote à Toronto avec six dépanneurs 7-Eleven pour la commande en ligne et la livraison 24/24h, 7/7 jours semaine.

Le Québec délaissé

Au Québec, les grandes chaînes d’alimentation sont peu pressées d’offrir à leur clientèle  le service « commander et ramasser ».  Sobey’s se montre bien discret lorsqu’il s’agit de faire la promotion de son IGA.net, même si elle reconnaît que le service, offert depuis huit ans, connaît une croissance annuelle de 20%.

« Les gens achètent en fonction de l’inventaire de notre supermarché. Certains magasins ont un employé dédié à l’assemblage des commandes. Nous avons renouvelé notre épicerie en ligne en février 2015, avec une adaptation de l'offre en fonction du magasin dont l'on dépend, la possibilité de choisir des produits certifiés Aliments du Québec, un choix très élargi de produits... et bien d'autres », explique la porte-parole Laurie Fossat.

Par contre, ni METRO ni Loblaws/Provigo ne planifient un développement prochain  du service au Québec.

« On a choisi une approche graduelle, afin de faire les bons apprentissages. Nous n’avons pas de plan de déploiement au Québec, même si nous savons que c’est un incontournable », déclare Johanne Héroux, directrice principale affaires corporatives et communications chez Provigo.

Un grand retard

 « Je ne sais pas ce que ça va prendre pour inciter les détaillants à s’y mettre. On a beaucoup de travail à faire pour les convaincre. Les consommateurs sont rendus là et le phénomène est largement répandu en Europe », déplore Léopold Turgeon, directeur général de Conseil québécois du commerce du détail.

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