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EXCLUSIF - La police a mis un mois avant de la rappeler

«Le gars en soi me semblait étrange.»

Une femme qu’on ne peut identifier pour des raisons de sécurité faisait son jogging le soir du meurtre de Jenique Dalcourt. Elle est passée au même endroit 15 minutes avant le drame.

«J’ai croisé un homme, un gars, et le sentiment qui m’a envahi, ce n’était vraiment pas beau.»

Le lendemain, elle apprend qu’une jeune femme de 23 ans a été tuée. Elle appelle alors la police de Longueuil.  

«J’ai appelé. C’est important ce que j’ai ressenti... Tout à coup que ça sert à quelque chose. Je leur ai dit ce que j’avais vécu, sauf que la personne qui était au bout de la ligne n’était pas réceptive. Je n’ai pas senti que c’était important ce que j’étais en train de dire.»

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La police n’aurait donc pas jugé bon d’entendre son témoignage, mais ce n’est qu’un mois plus tard après qu’un premier suspect ait été arrêté puis relâché faute de preuve que les enquêteurs l’ont finalement rappelée.

«Là, c’est devenu plus sérieux et ça avait l’air important ce que je disais.»

Les policiers l’auraient rencontrée deux fois et elle aurait même identifié quelqu'un qui figurait parmi la liste de suspects que les policiers lui ont présentée.

Pourquoi attendre un mois avant d’entendre une personne dans une affaire aussi importante qu’un meurtre ?

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«Normalement, s’il rentre une information aussi importante pour un meurtre, il y a un triage qui est fait et c’est remis aux bonnes personnes parce qu’on sait très bien que plus tôt on va avoir les informations, plus tôt on va élucider le crime», dit l’ancien officier de la Sûreté du Québec Mario Berniqué.

«Je trouve ça d’une tristesse épouvantable. C’est déplorable pour la famille, mais pour le service policier aussi. Ils passent pour qui, eux?», se questionne quant à elle la joggeuse.

Contacté par TVA Nouvelles, le Service de police de l'agglomération de Longueuil a invité la femme à recommuniquer avec lui.

«Je trouve ça troublant, affirme pour sa part l’ex-enquêteur de la SQ, Jean-François Brochu. Il y a sûrement une raison, j'espère qu'il y a une raison, mais ça ne devrait pas exister, ça ne doit pas arriver.»

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Impossible d'avoir de commentaire à la caméra du Service de police de Longueuil. Ce qu'on répète, c'est qu'on tente d'entrer en contact avec ce témoin.

«Forcément, ils ont les coordonnées de madame, ils savent de qui on parle, forcément! Moi, en tout cas, comme chef d'équipe, j'aurais pris deux gars, une voiture, allez rencontrer madame et allez contrôler la problématique.»

«C'est sûr que c'est troublant, mais je veux dire... Je ne sais pas si ça aurait changé la chose», témoigne Michel Lafrance, le beau-père de Jenique.

Au téléphone, la mère de la victime a dit ne plus savoir quoi penser, qu'elle se concentrait à survivre. Elle n'a plus droit à de l'aide psychologique payée par le gouvernement.

«Les gens, là-dessus, ils ne sont pas concernés... Ça ne leur est pas arrivé dans leur famille, mais dites-vous que ça peut arriver.»

Une pétition a été lancée pour qu'elle soit reconnue comme victime, elle aussi.

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