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Raif Badawi: le Canada n'a aucune confirmation

Josée Cloutier | TVA Nouvelles

Le Canada n'a obtenu aucune confirmation selon laquelle Raif Badawi pourrait être libéré, malgré des signaux positifs venus des autorités suisses.

Samedi, le secrétaire d'État du département des Affaires étrangères de Suisse, Yves Rossier, a déclaré au journal «La liberté» qu'il avait été informé par les autorités saoudiennes que la sentence de Raif Badawi avait été suspendue et qu'une procédure de grâce était en cours auprès du roi Salmane ben Abdelaziz al-Saoud.

Les autorités canadiennes ont appris l'information par le biais des médias, mais n’ont eu aucune confirmation de leur côté. «Le Canada n'a aucune information à l'effet que la peine de Raif Badawi ait été modifiée ou que sa libération soit imminente. Le Canada va continuer ses démarches auprès du gouvernement saoudien pour exprimer ses préoccupations», a indiqué John Babcock, porte-parole aux Affaires étrangères.

Pour l'instant, aucun groupe de défense des droits de l'homme ni même l'épouse de Raif Badawi n'ont obtenu de confirmation de l'information véhiculée par le diplomate suisse. «Tant mieux si cela est vrai, mais nous devons user de beaucoup de prudence. Une démarche de grâce signifie excuser un crime qui a été commis. Or, Raif Badawi n'a commis aucun crime. Nous nous ne voulons pas seulement une grâce, mais le pardon. Cela veut dire une annulation complète de cette peine», a expliqué Mireille Elchacar, porte-parole d'Amnistie internationale en Estrie.

Avocats sans frontières préfère aussi ne pas s'emballer. «Il faut être excessivement prudent, car les autorités saoudiennes sont assez opaques. La nature de la procédure de grâce et combien de temps elle pourrait prendre demeure pour l'instant un grand point d'interrogation», a souligné Pascal Paradis, d'Avocats sans frontières.

Une 50e vigile d'appui à Raif Badawi doit avoir lieu devant l'hôtel de ville de Sherbrooke le 10 décembre en soirée. Elle a été devancée au jeudi afin de coïncider avec la Journée internationale des droits de l'homme.

Son épouse, Ensaf Haidaf, espère toutefois que cette nouvelle soit confirmée. «J'espère que cette nouvelle est vraie et que Raif sera libre bientôt», a-t-elle confié.

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