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Des taux de coliformes préoccupants près de la métropole

Agence QMI  

FD-DÉVERSEMENT MONTRÉAL

ÉLIZABETH LAPLANTE/AGENCE QMI

L’important déversement d’eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent effectué au mois de novembre à Montréal a eu des impacts environnementaux, selon une étude réalisée par une équipe de chercheurs de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

Ces impacts seraient particulièrement préoccupants dans des zones situées à proximité de la métropole.

«En ce qui concerne plus spécifiquement les coliformes fécaux, indicateurs de pollution organique, nous avons constaté une augmentation très importante au nord de l’île Sainte-Thérèse et près de Pointe-aux-Trembles», a expliqué Gilbert Cabana, professeur au Département des sciences de l’environnement de l’UQTR, qui a effectué les prélèvements dans le fleuve.

Dans les zones les plus affectées par les déversements, à proximité de Montréal, le taux de coliformes présents est passé de moins de 20 à 5000 après les déversements. Rappelons qu’un taux supérieur à 200 rend les eaux impropres à la baignade.

À partir de Sorel-Tracy et jusqu’à Bécancour toutefois, les déversements n’ont pas eu d’impact sur les taux habituels de coliformes.

Dans le cadre de cette étude, les chercheurs ont également pu constater l’état inquiétant de la qualité de l’eau, particulièrement dans le lac Saint-Pierre. Ce dernier joue un rôle de filtre naturel puisque les taux de coliformes baissent significativement dans la région de Trois-Rivières et Bécancour.

«Ce plan d’eau retient une énorme quantité de matières polluantes, ce qui peut avoir un impact important sur son écosystème», a souligné M. Cabana.

Par ailleurs, dans les îles de Sorel, on a mesuré des taux de coliformes pouvant aller au-delà de 6000, et ce, peu importe que ce soit avant, pendant ou après les déversements de Montréal. «Il s’agit donc d’un secteur particulièrement affecté par les différents rejets en amont du fleuve», a signalé le professeur Cabana.

Les prélèvements d’échantillons d’eau du fleuve effectués dans le cadre de cette étude ont été réalisés à trois reprises: le 15 octobre avant les déversements de Montréal, le 13 novembre pendant les déversements et le 23 novembre après les déversements. À chaque date, des échantillons ont été prélevés sur 19 points de cueillette à Montréal, Sorel-Tracy, dans l’archipel des îles de Sorel, à Trois-Rivières et à Bécancour.