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Le jury a voulu réentendre le témoignage d'un psychiatre

Michaël Nguyen | Agence QMI

Les jurés au procès de Guy Turcotte ont demandé mercredi à réécouter le témoignage du psychiatre de la Couronne qui avait comparé le trouble d’adaptation au «rhume de la psychiatrie».

«Le trouble de l’adaptation n’empêche pas de réfléchir, d’être responsable de ses actes, c’est comme le rhume de la psychiatrie», avait affirmé le Dr Pierre Bleau lors de son témoignage. Il faisait référence à la défense de l’accusé, qui souffrait de ce trouble au moment des meurtres.

Vers l’heure du midi ce mercredi, les jurés avaient envoyé une enveloppe au juge, mais ce n’est qu’au retour de la pause que le contenu a été révélé au public.

Le juge a acquiescé à la demande, et le jury est retourné dans sa salle du palais de justice de Saint-Jérôme, coupé du monde, après avoir passé déjà deux nuits à l’hôtel depuis le début de leurs délibérations.

On ignore comment se déroulent les délibérations puisqu’elles sont tenues secrètes. Mardi, le jury avait fait une seule demande au juge, soit d’avoir une copie des articles 16 et 235 du Code criminel. Le premier article concerne la non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux, tandis que le second explique que le meurtre est un acte criminel.

Les sept hommes et cinq femmes qui composent le jury devaient compléter leur journée de délibérations à 17 h, mais ont décidé d’ajourner 20 minutes plus tôt.

Deux thèses s’affrontent dans ce second procès qui a commencé en septembre.

D’un côté, la défense représentée par les frères Pierre et Guy Poupart affirment que l’accusé de 43 ans souffrait d’un trouble d’adaptation avec humeur anxieuse et dépressive lorsqu’il avait poignardé 46 fois Anne-Sophie et Olivier en février 2009.

Quelques semaines plus tôt, il avait appris que sa femme Isabelle Gaston le trompait et ils s’étaient séparés. Turcotte voyait moins ses enfants à cause de la garde partagée, si bien qu’à cause de tous ces éléments de stress, il était incapable de distinguer le bien du mal lorsqu’il a tué les petits de 3 et 5 ans, dans leur résidence de Piedmont dans les Laurentides.

Me Maria Albanese et René Verret de la poursuite estiment quant à eux que Turcotte avait planifié les meurtres peu avant de passer à l’acte. Le soir du drame, l’accusé avait consulté des courriels entre Mme Gaston et son nouveau conjoint, avant de chercher sur internet un moyen de se tuer.

Il était incapable de se soumettre à l’idée que ses enfants allaient grandir avec une autre présence dans leur vie que la sienne, avait plaidé la Couronne.

Le jury restera séquestré jusqu’à ce qu’il en arrive à un verdict unanime. Au premier procès, en 2011, 11 citoyens avaient déclaré l’accusé non responsable criminellement des meurtres d’Anne-Sophie et Olivier.

Turcotte avait été envoyé à l’Institut Philippe-Pinel à Montréal, et au bout d’un an et demi, un tribunal administratif avait jugé qu’il n’était plus un danger pour la société. La Cour d’appel avait annulé le verdict de 2011, et la conclusion du nouveau procès pourrait survenir à n’importe quel moment.

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