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Les patrons du Bataclan espèrent rouvrir «à la fin de 2016»

Agence France-Presse

Les deux patrons du Bataclan, où ont été tués 90 des 130 morts des attentats jihadistes du 13 novembre à Paris, ont émis mercredi l'espoir que cette salle de spectacles mythique de la capitale française puisse rouvrir ses portes «à la fin de 2016».

Dans une interview au quotidien Le Monde, Olivier Poubelle et Jules Frutos, qui possèdent 30% de la salle, soulignent que l'actionnaire majoritaire, le groupe Lagardère, «souhaite la réouverture».

«Jules et moi dirigeons le Bataclan depuis douze ans et nous voulons le rouvrir ensemble, avec l'équipe, qui souhaite aussi la reconstruction et dont aucun membre ne veut partir», précise Olivier Poubelle.

«Il ne faut pas en faire un mausolée. Ni un lieu de pèlerinage (...) Il y a un désir de Bataclan et de retrouvailles. Mais ce sera un long chemin de croix», souligne Jules Frutos.

Les deux hommes, qui n'étaient pas sur place au début de l'attaque le soir du 13 novembre, reviennent longuement sur le traumatisme provoqué par la tuerie.

«Il y avait 1500 personnes dans la salle (...) On a tous quelqu'un qui connaît un blessé ou un mort», souligne Olivier Poubelle.

«Deux collaborateurs sont morts. Tout comme des professionnels que nous connaissons bien. D'autres sont gravement blessés. Je n'étais pas dans la salle et j'y pense tout le temps», explique-t-il.

«L'urgentiste Patrick Pelloux (ndlr, ex-collaborateur de Charlie Hebdo qui a échappé début janvier à l'attentat contre l'hebdomadaire satirique) m'a dit: Tu n'es pas coupable. Mais quand même...», ajoute-t-il.

Les deux collaborateurs tués par les jihadistes, une éclairagiste du Bataclan et un employé d'un autre salle gérée par le tandem, étaient venus «au concert pour leur plaisir».

«Vingt personnes travaillaient ce soir-là au Bataclan et personne n'a été tué. Certains sont passés à dix centimètres de la mort», souligne Olivier Poubelle.

«Les deux vigiles à l'entrée ont sauvé des vies: ils ont compris ce qui se passait en entendant les coups de feu dans le bar qui jouxte la salle. Ils étaient dans le hall et n'ont pas fui, se sont précipités à l'intérieur (...), ont ouvert les issues de secours et hurlé à tout le monde de sortir», ajoute-t-il.

Les deux patrons de la salle réfutent le terme de "génération Bataclan", souvent utilisé pour décrire la jeunesse des victimes.
Jules Frutos dénonce "un truc médiatique à la limite de l'irrespect qui vise à transformer l'événement en spectacle".

«Ça ne correspond à rien. C'est même impudique», juge Olivier Poubelle, qui rappelle qu'il «y a des profils différents, des âges différents, dix-sept nationalités parmi les victimes de tous les attentats. La seule chose à dire c'est qu'une joie de vivre a été assassinée».
 

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