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Les trois accusés de retour en cour

TVA Nouvelles

À Drummondville, c'était le retour en Cour des trois accusés trouvés coupables de négligence criminelle causant la mort de Chantal Lavigne en juillet 2011 lors d'une expérience de sudation.

Les trois ont témoigné devant la juge Hélène Fabi.

Selon leurs avocats, ces personnes ne méritent pas d'aller en prison. Ils réalisent aujourd'hui qu'ils ont une part de responsabilité. Ils affirment également que ce n'est pas leur insouciance, mais plutôt leur naïveté qui est en cause dans ces tragiques événements.

«Je ne suis pas un monstre, je n'ai jamais voulu de mal à personne», s'est exclamée Gabrielle Fréchette à la juge.

En transe, investie de l'esprit de Melkisédech, symbole de l'autorité ultime sur terre, la femme de 57 ans dirigeait l'exercice de sudation au terme duquel Chantale Lavigne a succombé à une asphyxie et un coup de chaleur.

En pleine canicule, les participants avaient passé plus de six heures, enrobés de boue et d'une pellicule plastique, recouverts de plusieurs édredons, une boîte sur la tête.

«J'ignorais les risques médicaux, mes enseignements n'en faisaient pas mention. J'ai cessé toutes mes activités de guide spirituelle depuis août; ces croyances ne font plus partie de ma vie» a témoigné celle qui dit se relever d'une profonde dépression.

Gérald Fontaine assistait Gabrielle Fréchette pendant la hutte de sudation.

S'il avait été conscient des dangers, il serait intervenu, insiste ce père de deux jeunes enfants. Il souhaite lui aussi éviter l'emprisonnement.

Ginette Duclos était celle qui supervisait l'état des participants à l'activité.

En pleurs, elle mentionné qu'elle n'a pas fait cet atelier pour voir quelqu'un mourir, et que le drame était imprévisible.

Dans les trois cas, la défense souligne l'absence de risque de récidive, que le critère d'exemplarité ne peut s'appliquer. Leur arrestation, les procédures judiciaires, leur culpabilité et la médiatisation de l'affaire sont autant de facteurs dissuasifs, ont plaidé les avocats des accusés. Démolis par le triste sort de Chantal Lavigne, ils ont tous mis fin à leurs activités de canalisation énergétique.

René Duval, l'avocat de Ginette Duclos, a souligné que la société ne serait pas mieux servie si on envoyait en prison le père de deux enfants en bas âge ou encore une grand-mère aux valeurs familiales et spirituelles sans faille. La défense réclame donc une sentence suspendue avec une période de probation ainsi que des travaux communautaires.

La plaidoirie de la poursuite se tiendra demain. Parions qu'elle demandera des peines d'emprisonnement, les durées des périodes de détention et la forme qu'elles prendront, pourraient varier d'un accusé à l'autre.