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Le prix de l’essence n’a pas fini de monter

 - Agence QMI

JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

Le coût de l’essence à la pompe n’a pas fini d’augmenter. En plus d’être soumis aux aléas du marché du pétrole, le prix du litre d’essence sera propulsé vers le haut par la tarification du carbone, prévient le premier ministre Philippe Couillard.

Le prix du carbone passera du simple au double, d’ici 2030, prévoit le ministère de l’Environnement. À la dernière vente de crédits carbone, le mois dernier, le prix de chaque crédit carbone était de 17 $. En 2030, un crédit carbone se vendra 33,37 $.

Un crédit carbone équivaut à une tonne de gaz à effet de serre émis dans l’atmosphère. Les crédits carbone sont vendus sur le marché pour les entreprises qui ne peuvent respecter le plafond des émissions.

Cette augmentation du prix du crédit carbone se reflétera sur le prix de l’essence parce que les distributeurs de carburant sont assujettis au plafonnement des émissions de GES depuis le début de l’année 2015. L’impact sur le prix de l’essence est actuellement de l’ordre de 0,04 $ le litre.

«Cet impact va se poursuivre au cours des prochaines années, promet le premier ministre Philippe Couillard. C’est le but poursuivi par la tarification du carbone. Si ça n’arrivait pas, on ne ferait pas le travail de tarification du carbone correctement.»

Le marché du carbone est ainsi conçu qu’il place le fardeau sur les épaules des pollueurs. Ce qui en fait le succès, au dire du premier ministre, c’est l’existence d’un prix plancher qui ne peut qu’augmenter ainsi que le contrôle des unités de crédit carbone en circulation, ce qui évite l’effondrement des prix, comme cela s’est produit en Europe.

L’augmentation des prix du carbone, et de l’essence est inévitable. «Ça fait partie des buts poursuivis», admet Philippe Couillard, qui participe à la COP21 qui réunit 150 gouvernements à Paris pour conclure un accord visant à ralentir le réchauffement climatique.

Confrontés à l’augmentation des prix du carburant, les automobilistes se verront offrir, au fil des ans, des véhicules moins polluants, promet le chef du gouvernement. «Avec les mesures d’électrification des transports, qui sont financées par le Fonds vert, il y a aujourd’hui un choix de véhicules sur le marché, qu’il s’agisse de véhicules hybrides ou électriques; les prix diminuent, il y a des avantages qui sont offerts aux gens qui font ces choix, par exemple pas de péage sur les traversiers et une subvention à l’achat.»

Steven Guilbeault, d’Équiterre, croit que le véhicule électrique deviendra de plus en plus facile d’utilisation à court terme. «En 2020, ce sera presque aussi facile de faire le plein d’une voiture électrique qu’une voiture à essence.»

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