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L'embauche d'experts devra être réexaminée

TVA Nouvelles

Le procès de Guy Turcotte aura marqué l’imaginaire collectif, et soulevé bien des passions, d’abord à cause des personnalités en cause.

«Un médecin c’est aussi une icône de réussite sociale», d’avouer d’entrée de jeu le psychologue Gilles Vachon.

«Un spécialiste, cardiologue, on s’entend que ce n’est pas monsieur tout-le-monde».

D’autre part, difficile de ne pas être choqué par le jeune âge et le lien des victimes avec le tueur « un père qui tue ses enfants, c’est pas très sympathique en partant »

Le psychologue n’a pas manqué de rappeler la gronde qui a suivi le verdict du premier procès, « on se souvient que la vindicte populaire aurait voulu pendre monsieur Turcotte au lendemain du premier verdict »

«C’est assez rare qu’on voie autant de passion dans la population effectivement».

Dans le cas de Guy Turcotte, si on vulgarise un peu, il plaidait qu’il n’avait pas toute sa tête au moment ou les faits sont survenus. Visiblement, les membres du jury ne l’ont pas cru.

«Ça, c’est assez étonnant parce que c’était au cœur des deux procès. Dans le premier cas, on a convenu que c’était le cas, dans le deuxième on a convenu que ce n’était pas du tout le cas.

Maintenant, c’est peut-être plus compliqué que ça en a l’air. À quel moment vous n’êtes plus en contact avec la réalité, ou vous n’êtes plus responsable? C’est peut-être l’interprétation de la loi qui cause problème».

Non seulement monsieur Vachon pense que la question de l’interprétation de la loi sur la responsabilité criminelle sera revue, mais l’emploi même des experts qui soutiennent ces interprétations devra aussi être examiné.

«On a aussi soulevé la question des experts. Vous avez un trouble d’adaptation. Moi si on m’avait demandé si un trouble d’adaptation peut mener à une défense de non-responsabilité criminelle, j’aurais dit non. Mais le cas qui nous occupe, ce gars-là vivait une séparation profonde, est-ce qu’il avait des bouffées psychotiques, dépressives ou autre... est-ce que, est-ce que... est-ce que... Nous on n’a pas assisté à la preuve, on n’est pas membre du jury.

Sur ce point Gilles Vachon émet de sérieuses réserves sur l'utilisation actuelle des experts appelés à témoigner dans des procès. Dans le cas actuel, cela a mené à deux verdicts différents.

«Le premier jury a dit, ouais avec tout ce qu’on met là probablement qu’il n’était pas responsable. Le deuxième, avec de nouveaux experts, de nouveaux témoignages aussi, on a entendu des choses qu’on n’avait pas entendues. Moi ce qui m’étonne c’est que ça fait six ans tout ça, avec des résultats tout à fait différents».

Cela amène le psychologue à penser que ce procès va peut-être provoquer des changements.

«Je pense qu’on a un problème avec l’article 16, sur la responsabilité criminelle. Ça soulève aussi des questions sur l’embauche d’experts que vous payez pour qu’ils soutiennent votre point de vue. Peut-être que ce procès-là va faire bouger les choses, qu’il y aura des suites».

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