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Des témoignages d'experts mieux encadrés

TVA Nouvelles

À la suite du verdict de culpabilité rendu à l’endroit de Guy Turcotte, de nombreuses questions demeurent en suspens concernant le rôle et l’encadrement des témoins experts devant les tribunaux.

En entrevue à LCN, le Dr Charles Bernard, président-directeur général du Collège des médecins a insisté sur les efforts déployés pour que la science aide la justice à faire en quelque sorte son travail.

«On est là d’abord pour s’assurer que les médecins font une médecine de qualité et que le service offert au patient soit de la meilleure qualité possible», dit-il d’entrée de jeu à Paul Larocque.

Il rappelle également que le Collège mène les enquêtes auprès de ses membres dans les cas de plaintes du public.

La question des experts devant les tribunaux revient à l’avant-scène de l’actualité dans le cas précis du procès Turcotte. Rappelons que l’un des psychiatres appelés par la défense est allé à contre-courant des idées reçues dans sa profession en affirmant que le trouble d’adaptation de Guy Turcotte pouvait l’avoir mené à tuer ses enfants.

Une telle affirmation restera-t-elle impunie? Le Dr Bernard n’est pas en mesure de répondre à cette question, soulignant que ce «privilège» appartient au syndic du Collège des médecins. Par contre, il a précisé que le Collège avait mis sur pied un comité qui lui avait formulé des recommandations, en octobre dernier.

«Un expert est là pour donner un avis professionnel, pour éclairer un avocat ou un juge sur une question dont ils ignorent la science. Il n’est pas là pour donner son opinion subjective, poursuit M. Bernard. Il doit dire le diagnostic, c’est ça, le traitement, c’est ça.»

«C’est tout ça qu’on veut encadrer, on veut que ce soit des gens qui se basent sur des données probantes, sur des preuves scientifiques.»

Pour le Collège, la tâche de témoin expert ne devrait plus à l’avenir être confiée aux seuls professionnels de l’expertise, mais plutôt à des médecins en exercice, ayant une certaine expérience.

«On ne veut pas un retraité qui n’a pas vu de patients depuis 15 ans.»

«Il y aura toujours certaines subtilités dans l’opinion que les gens vont donner. La base doit être probante et scientifiquement prouvée.»

Le Collège est en train de finaliser le guide d’exercice, qui sera publié en 2016 et promet une série de mesures, notamment l’inspection professionnelle, pour rectifier le tir.

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