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La Banque du Canada prête à plonger son taux directeur sous 0 %

Normand Rhéaume | TVA Nouvelles

 - Agence QMI

Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen S. Poloz

Reuters

Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen S. Poloz

La Banque du Canada croit toujours en une amélioration progressive de la croissance économique au pays, mais elle envisage tout de même de recourir à des mesures financières non traditionnelles, comme les taux d’intérêt négatifs et les achats massifs d’actifs, advenant un choc négatif d’envergure.

« Nous n’avons pas besoin de politiques non traditionnelles à l’heure actuelle et nous ne nous attendons pas à devoir les utiliser. Toutefois, c’est faire preuve de prudence que d’être prêts à toute éventualité », a déclaré le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen S. Poloz, selon le texte d’un discours devant l’Empire Club of Canada, mardi à Toronto.

Dans le cas, peu probable selon M. Poloz, où l’économie subirait un choc négatif d’envergure, la banque centrale canadienne a annoncé qu’elle avait à sa disposition une liste non limitative de quatre mesures de politique monétaire non traditionnelles.

Ainsi, elle pourrait abaisser son taux directeur au-dessous de zéro afin d’encourager les dépenses, accorder du financement pour favoriser l’accès au crédit dans des secteurs importants, procéder à des achats massifs d’actifs (assouplissement quantitatif) dans le but de stimuler l’économie et fournir des indications prospectives sur la trajectoire future de son taux directeur.

La Banque a annoncé que la valeur plancher de son taux directeur se situait dorénavant autour de moins 0,5 %, ce qui est bien plus bas de son évaluation de 2009 qui faisait état d’un taux minimal de 0,25 %.

Le taux directeur actuel de la Banque du Canada est de 0,5 %.

Le dirigeant de la banque centrale canadienne dit ne pas croire à l’idée d’une stagnation séculaire évoquée par certains économistes, tel l’Américain Lawrence Summers, pour caractériser la faiblesse de la croissance économique contemporaine.

Cependant, « il est évident que l’expansion dans les pays développés est plus lente maintenant qu’au cours des décennies précédentes, et la situation ne changera probablement pas », a reconnu M. Poloz dans son discours.

Selon lui, l’économie canadienne fait face à un ajustement long et complexe aux prix plus faibles des ressources, une correction, insiste-t-il, qui se poursuivra au cours des prochaines années. Il croit que le processus d’ajustement est facilité par l’économie américaine plus forte, un dollar canadien plus faible et des taux d’intérêt bas.

La Banque estime que l’économie canadienne « peut renouer avec son plein potentiel » vers le milieu de 2017.

« À la lumière de ces perspectives, il peut sembler bizarre que nous ayons décidé maintenant de mettre à jour notre boîte à outils de politiques monétaires non traditionnelles. J’espère sincèrement que nous n’aurons jamais à nous en servir. Toutefois, dans un monde marqué par l’incertitude, la banque centrale doit être prête à toute éventualité », a conclu le gouverneur Poloz.

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