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Le troisième kamikaze de l'attaque au Bataclan identifié

Agence France-Presse

Le troisième kamikaze recensé dans la salle de spectacles du Bataclan est identifié: Foued Mohamed-Aggad, un Français de 23 ans, originaire de l'est de la France, faisait partie d'un groupe d'amis parti en Syrie et bien connu de la justice française.

C'est grâce à sa famille, après les deux premières identifications faites au Bataclan, que ce troisième kamikaze est désormais connu, selon une source proche du dossier.

«Ton fils est mort en martyr avec ses frères le 13 novembre»: ce SMS, envoyé fin novembre de Syrie par la femme de Foued Mohamed-Aggad à la mère de ce dernier, a permis de remonter la piste, selon l'avocate de la famille. Après une comparaison de son ADN, il a été formellement identifié en fin de semaine dernière.

Interrogé par des journalistes, son père, Saïd Mohamed-Aggad, affirmant ne pas avoir eu de ses nouvelles depuis deux ans, a confié qu'il aurait «tué» son fils de ses propres mains «avant» les attentats s'il avait eu connaissance de ses projets.

90 personnes ont été tuées le 13 novembre dans la salle de spectacle du Bataclan, qui accueillait un concert du groupe de rock américain Eagles of Death Metal.

Outre Foued Mohamed-Aggad, les deux autres membres du commando étaient aussi deux Français, Omar Ismaïl Mostefaï, 29 ans, et Samy Amimour, 28 ans, originaires de la région parisienne. Tous les trois se sont rendus en Syrie, comme la quasi-totalité des autres assaillants.

Les attentats de novembre ont fait 130 morts. En janvier, une première salve d'attaques, également revendiquée par le groupe Etat islamique (EI), avait fait 17 morts.

Foued Mohamed-Aggad était parti en Syrie fin 2013 avec son frère et un groupe d'amis.

Deux d'entre eux, les frères Mourad et Yassine Boudjellal, sont morts sur place dans les rangs de l'EI. Sept autres sont rentrés en France à partir de février 2014, avant d'être interpellés en mai de la même année à Strasbourg. Seul Foued Mohamed-Aggad était resté sur place.

En octobre, la justice française avait demandé le renvoi devant un tribunal des sept individus interpellés, âgés de 23 à 26 ans, pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

Leur périple avait commencé en décembre 2013, notamment à bord d'un vol entre Francfort en Allemagne et Antalya en Turquie, avant de rejoindre la Syrie. Selon leurs déclarations aux enquêteurs, le voyage avait un but humanitaire.

Un argument qui n'a jamais convaincu puisqu'ils étaient partis par petits groupes dans un souci de discrétion, et que des photos de certains posant avec armes et treillis et des textes menaçants envers la France avaient été retrouvés dans leurs ordinateurs.

Surtout, ils connaissaient Mourad Farès, alias Abou Hassan ou Mourad al-Faransi (Mourad le Français), un des principaux rabatteurs via les réseaux sociaux de jihadistes français. Il a été arrêté par les Turcs après avoir fui la Syrie, et remis aux autorités françaises en septembre 2014.

En garde à vue, le frère de Foued Mohamed-Aggad, Karim, avait confirmé, selon une source proche du dossier, s'être bien rendu en Syrie, "avec un groupe de dix", par l'intermédiaire de Mourad Farès, et qu'ils s'étaient "retrouvés à l'EIIL" (État islamique en Irak et au Levant, devenu État islamique).

Il avait expliqué avoir été contraint de rester, victime de «menaces de mort et d'excommunication», «emprisonné deux jours». Lui qui était le dernier «à réussir à partir» s'était «inquiété pour son frère Foued resté sur place suite à la venue de sa femme» et qui devait selon lui «rendre des comptes sur le départ de tous les membres du groupe».

Selon l'avocate de la famille en revanche, «pour lui (Foued Mohamed-Aggad), il n'était pas question de rentrer en France. Il disait vouloir mourir en kamikaze en Irak. La famille n'a plus eu de nouvelles depuis le mois d'août», a-t-elle ajouté.

Outre le trio du Bataclan, un deuxième commando ayant visé des terrasses de bars et restaurants était formé de trois assaillants, dont l'un reste à identifier. Des trois kamikazes recensés aux abords du Stade de France, on ne connaît que Bilal Hadfi, 20 ans. Les deux autres hommes étaient munis de passeports syriens manifestement faux, et s'étaient fondus dans la masse de réfugiés affluant en Europe. Enfin, Salah Abdeslam, frère de Brahim, qui semble avoir convoyé les kamikazes du Stade de France, est toujours en fuite.

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