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Québec reconnaît une «échappatoire»

Pierre-Olivier Zappa | TVA Nouvelles

Québec promet de faire le ménage dans l’aide financière versée par le Fonds Vert. Dans une entrevue exclusive accordée à TVA Nouvelles, le ministre de l’Énergie Pierre Arcand reconnaît qu’une brèche a pu profiter à certains fournisseurs de bornes électriques.

«Chaque programme a parfois des effets qu’on ne calcule pas toujours. On a corrigé immédiatement la situation, dès que c’est devenu clair », a-t-il insisté.

Le ministre réagissait à un reportage de TVA Nouvelles, diffusé mardi, révélant que des fournisseurs profitent de la subvention « Branché au travail » pour ajouter des bornes électriques à leur réseau privé.

L’entreprise Réseau Azra, par exemple, a payé 25% des coûts d’installation de plusieurs bornes, et touchera la majeure partie des revenus générés.

«On va corriger la situation. À partir du 1er janvier, l’aide financière ira directement à la compagnie qui veut avoir Branché au travail », précise Pierre Arcand. Les fournisseurs comme Réseau Azra n’auront plus accès à cette aide financière.

Plus de vigilance

L’opposition péquiste s’attend à plus de vigilance de la part du gouvernement dans la gestion de l’aide financière versée par le Fonds Vert.

« Il doit être plus vigilant. Très clairement, le programme n’est pas prévu pour aider une entreprise à mettre un réseau de bornes privées sur pied », soutient Martine Ouellet, porte-parole du parti Québécois en matière d’électrification des transports.

Des compagnies en difficulté ?

Le resserrement des critères pourrait faire mal aux entreprises qui prévoyaient exploiter la faille. Selon un ancien employé de Réseau Azra, qui a requis l’anonymat, la compagnie a déjà cessé de payer plusieurs de ses sous-traitants.

« Je ne crois pas que les sous-traitants et les employés vont être payés pour les services rendus. On n’y croit plus», a-t-il confié à TVA Nouvelles.

Pour sa part, Réseau Azra soutient qu’il a toujours agi selon les règles dans le cadre d’un programme gouvernemental. L’entreprise nie s’être constitué un réseau privé de bornes électriques aux frais des contribuables.