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La CSN à la défense de la SAQ

Carl Renaud | Argent

 - Argent

Courtoisie

Les syndiqués de la SAQ s’attaquent aux opposants du monopole de la société d’État. Ils viennent de lancer une campagne pour vanter les mérites de l’institution, alors que certains militent en faveur de sa privatisation partielle ou de la libéralisation pure et simple du marché de la vente de vin.

Pour faire valoir leur opinion, le Syndicat du personnel technique et professionnel de la Société des alcools du Québec (SPTP-SAQ) et le Syndicat des employés de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB-SAQ), qui sont affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), ont imprimé 50 000 tracts intitulés Notre SAQ et lancé un site web, à l’intention des consommateurs.

Le week-end prochain, des centaines de syndiqués vont distribuer le document à l’extérieur des magasins de la SAQ, dans les centres commerciaux, sur les trottoirs ou dans les stationnements. Les succursales seront bondées, à quelques jours de Noël.

Le rendement d’un monopole

Au cours des derniers mois, la Commission Robillard sur la révision permanente des programmes a recommandé de mettre fin au monopole de la SAQ. Québec n’a pas encore annoncé ses couleurs même si le ministère des Finances étudie la question.

« La SAQ retourne des profits de 1 milliard $ à l’État. Si on donne cet argent au secteur privé, nous ne l’aurons plus pour financer la santé, l’éducation et les infrastructures », a déclaré Jean Lortie, secrétaire général de la CSN.

Le tract présente des données sur la rentabilité de l’entreprise et une série d’énoncés contestant les arguments des partisans de la privatisation et de la libéralisation. Par exemple, on peut lire que les profits de la société ont progressé de 546 millions $ en 2005 à plus de 1 milliard $ en 2015. On précise aussi que les frais administratifs sont passés de 25 cents à 19 cents par dollar vendu, pendant la même période.

Les syndiqués donnent aussi leur avis sur certaines affirmations véhiculées par les adeptes de la libéralisation. Il est notamment écrit que la fin du monopole ne permettrait pas de faire diminuer les prix.

« L’exemple albertain confirme que les prix ne sont pas plus bas dans un marché libéralisé. En fait, le prix des vins est inégal dans la province, selon l’endroit et le produit. En Colombie-Britannique, où la vente de l’alcool a été libéralisée, les prix sont de 10 % à 20 % plus élevés que dans le privé. »  

« Si le privé commence à vendre le vin au Québec, il y aura moins de choix dans les régions éloignées qu’à Montréal et les consommateurs devront payer plus cher dans ces marchés », a ajouté Jean Lortie.

Certains clients ont pu se procurer le tract sur le comptoir d’au moins une SAQ, la fin de semaine dernière. L’entreprise savait que les syndicats avaient produit le document. Mais elle ignorait qu’il serait distribué dans un magasin.

« Nous n’autorisons pas la distribution dans les succursales, car c’est un lieu de magasinage. Par contre, le syndicat est libre de prendre des positions », a commenté Jean-Vincent Lacroix, porte-parole de la SAQ.

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