/finance/homepage

Revenu Québec nie l’existence de bonis et quotas

Agence QMI

Revenu Québec nie catégoriquement que ses employés peuvent toucher des bonis s’ils atteignent certains objectifs pour remplir les coffres de l’État, comme le laisse entendre une vidéo obtenue par notre Bureau d’enquête.

« Selon notre compréhension, c’est une mauvaise interprétation », a dit Stéphane Dion, porte-parole de Revenu Québec, en parlant de la vidéo dans laquelle une des vérificatrices se vante d’avoir obtenu un boni de rendement exceptionnel équivalant à 3,5 % de son salaire.

« Il n’y a aucune attente quantifiée envers nos employés. Donc, il n’y a aucun quota. Une telle pratique serait contraire à notre code de déontologie », a précisé M. Dion sur les ondes de LCN.

« Il n’y a aucun lien entre les sommes récupérées par un vérificateur et la possibilité  de recevoir un boni », a-t-il ajouté.

« Nos vérificateurs n’ont aucun système de quota individuel », a-t-il conclu.

Les bandes vidéo obtenues par notre Bureau d'enquête ont été captées en septembre 2011 dans les bureaux d’une des compagnies de l’homme d’affaires Richard Gravel, à Laval. Une de ses entreprises a des démêlés avec le fisc, dont une cause pénale.

Dans un extrait vidéo, la vérificatrice qui se vante d’avoir obtenu son boni demande à sa collègue: « On vous demande combien de l’heure ? »

« 1000, 1200 $ de l’heure », répond sa collègue. « Vous autres aussi ? »

Celle-ci hoche alors de la tête à l’affirmative et précise que les cotisations peuvent être en impôt ou en RAS (retenue à la source).

Une « pratique indécente », selon le SPGQ

Revenu Québec a été contredit mercredi par le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), qui a dénoncé l’imposition de quotas. Un syndiqué aurait d’ailleurs été congédié en 2013 pour ne pas avoir rencontré ces normes, souligne le Syndicat.

« Nier publiquement cette pratique, tandis qu’un de nos membres se fait signifier la porte de sortie pour une atteinte en dessous des normes fixées par l’employeur, est parfaitement indécent et répugnant », a déclaré dans un communiqué Richard Perron, président du SPGQ.

Cet employé « s’est fait reprocher de ne pas discriminer suffisamment les dossiers selon leur rentabilité pour Revenu Québec. Dès lors, comment nier l’existence de l’atteinte de normes ? », a ajouté Richard Perron.

Le SPGQ indique que lors d’une vérification externe, c’est-à-dire chez le contribuable, les vérificateurs doivent récupérer environ 1 200 $ par heure de travail, mais à l’interne, « cette récupération augmente à environ 2 400 $ de l’heure !  Bref, la direction de Revenu Québec force la main aux vérificateurs pour qu’ils récupèrent rapidement l’argent, et ce, sans informer de façon adéquate le contribuable qui continue d’errer dans les dédales de la fiscalité québécoise. »

Dans la même catégorie