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La nostalgie opère

Le retour, presque 40 ans après «Un nouvel espoir» et 10 ans après «La revanche des Sith», du texte d’introduction accompagné du thème sonore reconnaissable entre mille, provoque une émotion irrépressible, d’autant qu’on apprend que Luke Skywalker (Mark Hamill) manque à l’appel et qu’il faut le retrouver.

Car la situation est grave. Le premier ordre - les quatre sbires aux commandes étant, dans leur ordre hiérarchique, le Capitaine Phasma (Gwendoline Christie qui n’a que quelques répliques), le commandant Kylo Ren (Adam Driver), le général Hux (Domhnall Gleeson), commandant de la base Starkiller, et le leader suprême Snoke (voix d’Andy Serkis) - menace la République, la Résistance, menée par la générale Leia Organa (Carrie Fisher) a donc besoin du dernier Jedi.

Poe Dameron (Oscar Isaac), le meilleur pilote de la Résistance, est envoyé sur Jakku pour récupérer un plan contenant l’endroit où Luke se trouve. Les forces de Kylo Ren attaquent et notre homme est capturé après avoir réussi à cacher les plans dans son droïde, une adorable machine appelée BB-8.

C’est à ce moment-là que les parallèles avec «Un nouvel espoir» ainsi que, pêle-mêle, «L’Empire contre-attaque» ou «La Menace fantôme» commencent à s’imposer pour ne plus disparaître. Rey (Daisy Riley, formidable), une pilleuse d’épaves sur Jakku, qui tombe sur BB-8, rappelle certaines choses. Les décors de désert (cette partie a été tournée à Abu Dhabi) à perte de vue, le costume de la jeune femme et même son moyen de transport sont familiers. Quelques nouveautés s’imposent, comme Finn (John Boyega), ce Stormtrooper repenti qui aide Poe à s’enfuir, son vaisseau qui s’écrase sur Jakku et le décor d’une épave de vaisseau spatial dont la grandeur est impressionnante, surtout sur un écran IMAX.

Nous sommes en terrain de connu, d’autant que malgré la taille et le lustre des décors ou le nombre de nouvelles créatures, l’intrigue demeure simple et les l’humour dans les dialogues n’est pas sans rappeler la trilogie originale.

Il est impossible de ne pas être ému en voyant le Millenium Falcon, découvert par hasard par Rey, Finn et BB-8, puis en regardant Han Solo (Harrison Ford) et Chewbacca (Peter Mayhew) montrer à bord en prononçant les mots «Chewie, nous sommes à la maison», entendus dans l’une des bandes-annonces.

L’entrée en scène de Leia provoque la même nostalgie (les scènes que Carrie Fisher partage avec Harrison Ford sont parmi les meilleures de cet «Éveil de la force»).

L’opposition de Darth Vador avec Luc trouve des échos dans ce long métrage, de même que révélation-surprise attend le cinéphile. Et J.J. Abrams (coscénariste avec Lawrence Kasdan) pousse même le vice jusqu’à réinventer la jouissive Cantina avec moins de succès.

Or, plus le long métrage avance, moins l’effet de surprise opère. Résultat, avec ses 135 minutes, certaines longueurs plombent le film.

«Star Wars: l’éveil de la force» mise sur une nostalgie bien réelle et les prouesses visuelles (les effets spéciaux, les créatures et les scènes d’action étant magnifiques) . Globalement, ce début de la nouvelle trilogie laisse entrevoir de quoi le prochain volet sera fait.

Note: 3,5 sur 5

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