/news/world

Six nouvelles personnes interpellées à Bruxelles

Agence France-Presse

Les enquêteurs ont multiplié les arrestations jeudi à Bruxelles, luttant contre une menace terroriste qui plombe les fêtes de fin d'année en enquêtant sur deux fronts : un éventuel projet d'attaque sur des lieux emblématiques de la capitale belge, et les attentats de novembre qui ont endeuillé Paris.

Les personnes arrêtées prévoyaient de viser des «lieux emblématiques de Bruxelles», selon le parquet fédéral belge. Dans le cadre de l'enquête sur des menaces «sérieuses» d'attentats, deux hommes avaient été inculpés dès mardi.

Jeudi, ce sont six personnes qui ont été interpellées et emmenées «pour audition» avant qu'un juge ne décide de leur sort «dans la journée». Par ailleurs, sept perquisitions ont eu lieu dans différents quartiers de Bruxelles, ainsi qu'une commune limitrophe, Leuuw-Saint-Pierre, au sud-ouest de la capitale.

Aucune arme n'a été retrouvée, mais les enquêteurs ont saisi du matériel informatique et des téléphones, ainsi que du matériel d'airsoft : ce sport, qui se pratique en treillis militaire à l'extérieur, utilise des reproductions d'arme à feu.

Le parquet a livré de premiers éléments d'identité des deux hommes inculpés mardi «pour menaces d'attentat et participation aux activités d'un groupe terroriste, comme auteur ou co-auteur». Saïd S, un Belge de 30 ans, est en plus cité «en qualité de dirigeant et de recrutement en vue de commettre des infractions terroristes». Le second, Mohammed K, est âgé de 27 ans.

Dans cette enquête toujours en cours, le parquet reste avare de précisions. Une source proche du dossier a indiqué mercredi à l'AFP que les enquêteurs avaient dans leur viseur un groupe de motards, les «Kamikaze Riders», auquel selon les médias belges appartiennent les deux hommes.

Dans le même temps, l'enquête sur les attentats du 13 novembre à Paris se poursuit : jeudi matin également, un nouvel individu a été inculpé pour «assassinats terroristes et participation aux activités d'un groupe terroriste».

Ayoub B. est un Belge de 22 ans, interpellé mercredi lors d'une perquisition à Molenbeek-Saint-Jean, dans la même maison déjà fouillée seulement trois jours après les attaques à Paris, selon les médias belges. Les enquêteurs y avaient trouvé des «traces» du passage de Salah Abdeslam, un des principaux suspects en fuite, selon la RTBF.

Le quotidien De Standaard affirmait jeudi que le jeune homme, issu d'une famille proche de Salah Abdeslam dont plusieurs membres sont partis en Syrie, pratiquait la boxe dans le même club que Ahmed Damani, arrêté en Turquie.

Au total dix personnes ont été inculpées, pour des degrés divers d'implication. La détention provisoire de l'un d'eux, Pierre N., a été levée.

De Moscou à New York, en passant par une Europe traumatisée par les attentats sur son sol, l'année 2015 s'est terminée sous haute sécurité, notamment dans la capitale belge.

La révélation des menaces d'attentats mardi a encore ébranlé Bruxelles, déjà affectée par le niveau d'alerte de vigilance, un cran en dessous du niveau maximal depuis fin novembre.

Son bourgmestre (maire) Yvan Mayeur a décidé, après consultation de l'organe d'évaluation des menaces et des autorités responsables, de «ne pas prendre le risque» et d'annuler le feu d'artifice et les festivités de la nuit du Nouvel An dans le centre-ville de Bruxelles.

«Il faut être vigilant... pour le reste il faut ouvrir le champagne et le boire!», a invité Yvan Roque, président d'Horeca, principale fédération patronale des hôteliers, restaurateurs et cafetiers la ville.

Depuis les attentats de Paris, et les six jours passés en alerte terroriste maximale qui ont suivi, les hôtels ont enregistré jusqu'à 55% de baisse de fréquentation, a-t-il rapporté à l'AFP.

«Ces derniers jours, on assistait à une remontée», a souligné de son côté Patrick Bontinck, directeur général de Visit.Brussels, l'agence régionale du tourisme, qui regrette surtout un nouveau coup porté à l'image de la capitale belge avec l'annulation du feu d'artifice.

Dans la même catégorie